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Renaissance Africaine et Langues Africaines

Qui sommes-nous? d'où venons-nous? L'Histoire de l'Afrique, par les Africains.
Africain
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Renaissance Africaine et Langues Africaines

Message par Africain » janv. 06, 10 7:39 pm

Je pense que l'une des erreurs importantes de l'elite urbaine Africaine lors de l'a dite independence est le reniement de la place des langues Africaines. Contrairement a des pays, dont certains colonises, comme le Japon, la Chine, la Finlande, la Suede, Israel, l'Italie ou la Coree, etc. Tous ces pays utilise leur langues comme langue d'apprentissage a l'ecole.

En Afrique, suite a l'independance, beaucoup de pays sont restes figes. Enfant de l'elite Africaine plus proche du colonisateur heritant du pouvoir. Ils se sont contentes de repliquer les institutions du colonisateurs. Sans ce rendre compte que lui-meme utilisait sa propre langues dans son pays pour eduquer ces enfants. Qu'il soit Anglais, Francais, Portugais ou bien Allemand. C'est important pour la democratisation des connaissances et aussi simplement par respect pour sa propre continuite culturelle.

Je pense que les langues Africaines demeurent un aspect centrale du developpement et de la Renaissance Africaine. Malgre toutes les recherches le confirment, les governments Africains tardent toujours a implementer le resultats des recherches.

Bien sur les Italiens, Coreens ou Japonais connaissent tous un peu ou beaucoup l'anglais (ou le francais). C'est important de privilegier un apprentissage bilingue ou multilingue quand cela ne signifie pas de mettre de cote ses propres langues.

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<b><font color="blue" size="2">
La renaissance africaine ? Epître pour redonner son sens à un mot chargé d’histoire et porteur des enseignements du passé</font></b>


La sculpture érigée sur une des collines des Mamelles a été baptisée
par le président Abdoulaye Wade du nom de ‘monument de la renaissance
africaine’. Le Nepad (the New Partnership for Africa’s Development), un
projet développé en 2001 par les présidents Bouteflika de l’Algérie,
Wade du Sénégal et Mbeki de l’Afrique du Sud, est appelé par ses
promoteurs ‘Projet pour la Renaissance africaine’. Le président
français, Nicolas Sarkozy, a utilisé le terme de ‘Renaissance
africaine’ dans son discours du 28 février 2008 en Afrique du Sud. <p>
Aujourd'hui, tous ces dirigeants politiques qui parlent d'une
Renaissance africaine semblent ignorer le vrai sens du mot
‘renaissance’. Renaissance est un terme qui a été inventé par des
historiens du 19e siècle (Jules Michelet, Jacob Burckhardt) pour
décrire la période allant, suivant les auteurs, du 14e ou du 15e siècle
au 16e - 17e siècles en Europe. L’époque est qualifiée de ‘renaissance’
car elle s’illustre par la redécouverte/la renaissance - l’étude et
l’imitation - de la littérature et des arts de l’époque antique grecque
et romaine. Le terme renaissance servait ainsi à désigner un renouveau
de l’âge d’or européen en opposition à l’obscurantisme qui aurait été
la marque de fabrique du Moyen âge européen (appelé en anglais the Dark
Ages).</p><p>
Quoique l’on pense de cette opposition faite entre le Moyen âge et la
Renaissance, le fait est que les ‘hommes de la Renaissance’, peintres,
sculpteurs, architectes, philosophes, hommes de lettres et savants,
astronomes, mathématiciens, médecins : Erasme, Pétrarque, Dante, Da
Vinci, Botticelli, Michel Ange, Le Tintoret, Thomas More, Machiavel,
Cervantès, Shakespeare, Rabelais, Ronsard, Montaigne, Galilée,
Copernic, Tycho Brahe, Kepler, Newton, Ambroise Paré, Paracelse… (pour
n’en citer que quelques-uns) ont eu l'humilité et la sagesse de prendre
le temps d’étudier les œuvres des maîtres de la philosophie, des
sciences, de la technologie et des arts de l’antiquité gréco-latine.
Ils ne se sont pas laissé détourner de cette tâche par le fait que ces
maîtres, tels Platon, Aristote, Euclide, Ptolémée ou Cicéron, étaient
des ‘païens’ qui, de plus, avaient vécu plus d'un millier d'années
auparavant. </p><p>
Par conséquent, si les Africain-e-s veulent utiliser correctement le
concept de ‘Renaissance’, ils-elles doivent comprendre que cela veut
dire aller à la redécouverte des trésors artistiques, philosophiques,
technologiques et scientifiques de l’âge d’or africain. Un âge d’or se
dit d’un temps associé à un développement artistique, intellectuel et
technologique certain. Toutefois, même si le concept même ‘d’âge d’or’
peut être contesté, il n’en reste pas moins que certaines périodes dans
l’histoire d’une région ont été plus prospères que d’autres en termes
de développement matériel, intellectuel, artistique et/ou
technologique. Les Pyramides et les Textes des Pyramides de l’Egypte
ancienne, ainsi que la Charte de Kurukan Fuga, constitution transmise
oralement de l’empire du Mali (1235-1645) sont autant de repères
marquant les différents ‘âges d’or’ du continent. Les livres suivants
fournissent la preuve de l’existence de telles époques de développement
humain, et des droits humains, dans le passé africain : Voyages, III.
Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan, Ibn Battuta, ed. La
Découverte/Poche, Paris 1997, pp. 393-442 ; Histoire universelle, Livre
1 Diodore ; La Charte du Mande et autres traditions du Mali, Cissé Y.
T. et Sagot-Dufauvroux J.L., Albin Michel, Paris, 2003 ; L’unité
culturelle de l’Afrique Noire, Présence Africaine, Cheikh Anta Diop ;
Afrique Noire, Démographie, Sol et Histoire, Louise-Marie Diop-Maes,
Présence Africaine/Khepera, Paris 1996 ; Des droits de la femme
africaine, d’hier à demain, Saaliu Saamba Malaado Kanji, éd. Xamal,
Saint-Louis, 1997 ; La philosophie africaine de la période pharaonique,
2780-330 avant notre ère, Théophile Obenga, L’Harmattan, Paris, 1990.</p><p>
‘[Nous allons] placer ici un abrégé des lois et des mœurs des Egyptiens
qui paraîtront sans doute merveilleuses et d’une grande instruction
pour le lecteur. Elles n’ont pas été révérées par les Egyptiens seuls,
les Grecs mêmes les ont admirées, de sorte que les plus habiles d’entre
eux se sont fait honneur de venir jusqu’en Egypte pour y apprendre les
maximes et les coutumes de cette fameuse nation. Car bien que l’entrée
de l’Egypte fut autrefois difficile aux étrangers, comme nous l’avons
dit plus haut, cependant Orphée et le poète Homère entre les plus
anciens, Pythagore de Samos et le législateur des Athéniens, Solon,
entre plusieurs autres plus récents n’ont pas laissé d’en entreprendre
le voyage’. Histoire universelle de Diodore de Sicile, traduite en
français par l’abbé Terrasson, Paris 1744, Livre 1er, section 2, XXII,
‘Lois de l’Egypte – Mœurs des Egyptiens et premièrement des rois’
disponible sur
http://remaCLe.org/bloodwolf/historiens ... livre1.pdf </p><p>
Telle est la voie vers la Renaissance africaine, un voyage décomplexé
vers les lois ‘merveilleuses’ de notre passé ancien. <span style="font-weight: bold;">Mais la
renaissance n’a pas seulement été associée à la recherche des textes
anciens, des œuvres d’art et de la science antiques, elle a aussi été
marquée par la démocratisation des savoirs du fait de l’utilisation des
langues ‘vulgaires’ ou langues vernaculaires européennes comme langues
d’écriture et de diffusion des textes religieux et profanes</span>. </p><p>
La Renaissance repose ainsi sur la fin de l’hégémonie du latin, la
langue léguée par le colonisateur romain. Le latin, langue savante,
langue de l’Eglise et des universités est bousculé par les langues du
peuple, les dialectes du français, de l’italien, de l’anglais… La
langue est un enjeu de développement humain et d’essor économique.
L’imprimerie, introduite en Europe par Gutenberg, rend possible une
industrie du livre rentable, offrant des livres à la portée de toutes
les bourses. Les livres étant devenus accessibles au plus grand nombre
par le fait qu’ils sont écrits dans les langues parlées par le peuple
et vendus à des tarifs abordables, l’alphabétisation dans les langues
vernaculaires se développe en même temps que l’édition, l’une
nourrissant, ou se nourrissant de l’autre. Joachim Du Bellay publie en
1549 un ouvrage au titre éloquent, Deffense et illustration de la
langue françoise ; moins d’un siècle plus tard, en 1635, l’Académie
française est créée par le cardinal de Richelieu.</p><p>
<span style="font-weight: bold;">Les discours et projets relatifs à la renaissance africaine ne
sauraient donc occulter la dimension linguistique de l’entreprise.
Parler de renaissance africaine implique d’aborder la question de la
réhabilitation des langues africaines comme instruments de diffusion du
savoir dans tous les domaines</span>, littéraires comme scientifiques. Pour
illustrer la faisabilité de cette entreprise, en 1975, Cheikh Anta Diop
publie dans le Bulletin de l’Ifan, un article bilingue de 80 pages
intitulé ‘Comment enraciner la science en Afrique : Exemple wolof
(Sénégal)’. </p><p>
Louise Marie Diop-Maes publie, en annexe des Actes du Colloque de
Bamako 23-25 janvier 2007, Entre tradition et modernité : quelle
gouvernance pour l’Afrique ?, un texte intitulé ‘Stratégie pour
l’utilisation dans l’enseignement et dans l’administration des
principales langues parlées ou comprises par les habitants -
instauration d’un système éducatif rationnel et fonctionnel’, article
plus tard résumé et rebaptisé ‘Langues et enseignement. Quelques
mesures fondamentales à prendre sans lesquelles la ‘Renaissance
africaine’ ne pourra se produire’. Le député Samba Diouldé Thiam a
publié dans le quotidien Wal Fadjri du jeudi 25 juin 2009 une
importante contribution intitulée : ‘Diversité linguistique et système
scolaire : le temps d’agir est venu’. Les travaux qui prouvent
l’importance des langues africaines pour le développement de
l’éducation et des sciences en Afrique sont légion mais, faute pour nos
politiques d’en prendre connaissance et d’agir en conséquence, la
renaissance africaine demeure une illusion. Cette illusion, coulée dans
le bronze du patriarcat triomphant, du machisme à ciel ouvert que
représente ‘le monument de la renaissance africaine’, est très éloignée
des valeurs matriarcales africaines (cf. Cheikh Anta Diop, Ousmane
Sembène, Saliou Kandji, Issa Laye Thiam) et de l’art africain.
Cependant, elle est éloquemment symbolique de la dégradation du statut
de la femme africaine dans de nombreux pays du continent, à commencer
par le nôtre, du fait même de nos dirigeants politiques (cf la
remarquable analyse du vrai sens de cette sculpture par la journaliste
Aïssatou Laye, dans son article intitulé ‘Un sexisme révoltant’, La
Gazette du pays et du monde, n°16, du 2 au 9 juillet 2009, page 28). </p><p>
Fatou Kiné CAMARA
Docteure d’Etat en Droit
Chargée d’enseignement
Faculté des Sciences Juridiques et Politiques
Université Cheikh Anta Diop de Dakar.





</p>



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