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Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”
Aoû 04, 07 10:04 pm     Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        0
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Le président de la République française est venu, comme De Gaulle, et il a parlé aux Africains. Qu'a-t-il dit au juste ? Il nous a fait une série de propositions et d'analyses. Écoutons-le :

“Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une alliance, c'est l'alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un meilleur monde”.

Le nom de cette alliance est Eurafrique

La France s'est mariée à l'Europe et nous vous apportons cette Europe de même que nous vous apportons à l'Europe. L'Afrique sera dans la corbeille de mariage de la France avec l'Europe et dans la corbeille de l'Europe avec le monde. Je suis venu vous proposer une place, comme la France sait le faire habituellement. Souvenez-vous, par exemple, des DOM-TOM.

Mais, comme vous le savez, l'Afrique est très différentiée. Il y a l'Afrique du Nord.

Et il y a l'Afrique noire. En Libye, donc en Afrique du Nord où je suis passé, j'ai signé des contrats juteux d'exploitation de centrales nucléaires et d'uranium. Des contrats portant sur la défense et autres affaires hautement stratégiques pour mon pays. Avec l'Afrique du Nord, on ne parle ni de morale, ni de développement. On ne donne pas de leçons, mais on passe des contrats. On ne lance pas d'appels aux Libyens de l'étranger pour leur retour dans leur pays. On ne fait pas de promesses d'aides publiques françaises à la Libye. On parle affaires. Des contrats, des contrats et encore des contrats. Sur l'uranium, sur la défense, sur le nucléaire. Trade not aid, telle est notre règle.

Avec l'Afrique noire, avec vous, que dire ?
Je vous ai fait mal, mes bébés. Hum !
N'en parlons plus.

Mais ne me demandez surtout pas de repentance, puisque vous-mêmes, vous êtes coupables de vous être laissés battre par mes ancêtres. En plus, quand mes ancêtres arrivaient chez vous, vous vous décimiez vous-mêmes déjà sans notre aide. Vous êtes plus coupables que nous.

Nous avons commis des crimes contre l'Humanité. Oui, mais vous n'avez rien fait pour nous empêcher. En tout cas pas suffisamment pour nous convaincre que ce que nous avions l'intention de faire était criminel. Vous êtes coupables de non-assistance à personne dangereuse et d'assassinat de caractères.

Ne rêvez surtout pas à un retour en arrière pour rejoindre votre prétendu âge d'or qui aurait existé dans le passé. Vous n'avez jamais eu d'âge d'or. N'en rêvez pas. Le monde ne marche pas à reculons, mais progresse vers l'avenir. L'histoire a un sens.
La colonisation a été un crime contre l'humanité, mais mes parents ont proposé aux vôtres l'indépendance, qu'ils ont acceptée.

La colonisation c'était l'exploitation de l'homme par l'homme; l'indépendance est exactement le contraire. Vos historiens et autres anthropologues vous mentent. Je vous le dit ici à vous, les jeunes d'Afrique, à l'Université Cheick Anta Diop.

Devant vos chefs.
Devant vos profs.
Devant votre classe politique, gouvernement et opposition réunis.
Devant vous étudiants, hommes de maintenant et hommes de demain.

Arrêtez de rêver d'un futur qui puisse être le vôtre, à vous tout seuls.
Maintenant, vous m'appartenez définitivement. Arrêtez d'avoir la nostalgie d'un passé qui n'a jamais existé.
Je vous propose l'Eurafrique.
Vous entrez avec moi dans les bonnes grâces de l'Europe.

Je vous apporte l'Europe comme hier je vous ai apporté l'Esclavage.
Je vous apporte l'Europe comme hier je vous ai apporté la Colonisation.
Je vous apporte l'Europe comme hier je vous ai apporté l'Indépendance.

Je vous vois stupéfaits, n'est-ce pas ? Mais je vous apporte aussi les moyens qui vous seront propres pour inventer, vous-mêmes, votre avenir. Oubliez le passé.
Maintenant, vous ne serez plus seulement à la France, mais à l'Europe.
La France, c'est votre héritage occidental. La colonisation vous l'a apporté. Aid not trade. Telle est mon offre.
Ne vous coupez pas de cet héritage. La civilisation européenne vous appartient. A vous aussi.

Renoncez à la tentation de pureté comme nous le faisons en Europe.
Ne répondez pas au racisme de la France par le racisme.
Ne répondez pas à l'intolérance de la France par l'intolérance.

Je sais, je vous ai fait mal, mais laissez tomber.
Allons ensemble dans l'avenir.
Renoncez à la maladie de l'intelligence.
Si vous voulez venir chez nous, pas de problème, nous négocierons votre migration. Nous déciderons ensemble, pour vous, comment vous viendrez.
Pas en citoyens libres, mais en immigrés.

Vous rêvez de la Renaissance africaine ? Pourquoi pas ! Après tout, vous avez eu, semble-t-il, l'Egypte et d'autres brillantes civilisations que mes ancêtres ont battues à plate couture et soumises depuis des siècles. Oubliez le passé peu glorieux que vos ascendants vous ont laissé.

Nous vous aiderons à la bâtir, cette renaissance, si tel est votre désir. Commencez déjà par prendre notre civilisation comme héritage.
Vous voulez la liberté, la démocratie ? Bien. Mais savez-vous que l'Europe est bâtie sur l'égalité, la justice, le droit, la liberté, la démocratie et la libre propriété ?

Je vous apporte ces valeurs universelles. Et n'allez pas chercher ailleurs.
Tout ce que vous voulez, commandez et je vous livre tout de suite.

Nous sommes généreux, nous vous aimons. Ce n'est pas de la pitié, mais c'est notre intérêt.

Ainsi nous a parlé Nicolas Sarkhozy, le président de tous les Français.

Que lui dire ?
Merci Sarkhozy.
Merci pour tes propositions.

Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin.

Le monde, ce n'est pas que la France; le monde, ce n'est pas que l'Europe. Le monde, c'est aussi l'Afrique, c'est aussi l'Amérique, c'est aussi l'Asie. Le monde, c'est ailleurs. Nous voulons choisir librement notre méthode d'y entrer, notre façon d'y participer. Ce n'est pas par dégoût, mais c'est notre intérêt et rien que cela.

L'Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé.

Il y a déjà les sommets franco-africains.
Il y aura des sommets eurafricains.
Il y aura une bureaucratie eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP.
Nous n'avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de chefs d'Etat.

Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.
Nous ne voulons plus être des marchés captifs de qui que ce soit.
Nous voulons redevenir libres.
Il ne s'agit pas d'un retour à un quelconque âge d'or. Il ne s'agit pas d'une option pour nous, mais de notre survie.

Il s'agit d'être simplement des humains, de vivre comme tels et d'être traités comme tels.

Nous ne voulons pas de traitement de faveur.
Nous voulons avoir notre liberté de choix.
Nous voulons tirer profit des droits impreskriptibles que nous avons d'être propriétaires de nous-mêmes en tant qu'humains.

Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l'avons jamais été sur les marchés des esclaves. Sur les marchés coloniaux. Dans le pacte colonial.

Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l'Europe.
N'est-ce pas vous qui avez dit que l'Afrique ne comptait pas pour la France ?

N'est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ?
Savez-vous que le Niger est un pays d'Afrique ?

La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d'amour là où le monde parle d'intérêt et d'intérêt là où le monde parle d'amour.

Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir tout faire pour nous.

Tout faire avec nous.
Tout faire par nous.
Tout faire sans nous.
Et au bout du compte, tout faire contre nous.

Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien.

Nous voulons que Sarkhozy nous laisse faire, nous laisse passer.

Nous voulons que la France nous laisse faire, nous laisse passer

Nous voulons que l'Europe nous laisse faire, nous laisse passer.

Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l'Europe voudrait que nous soyons.

Nous connaissons le mode d'emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.

L'Eurafrique ? Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le monde sous le couvert de l'Europe qui agit par procuration de la France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes. Nous voulons celle des libertés.
Nous voulons simplement:
- de l'économie de marché.
- de la société ouverte.
- de la société de droit.
Ni plus, ni moins.

Sarkhozy pourrait-il nous aider dans ce sens ?
A nous libérer des accords précédents ?
Ceux des indépendances ?
Pour enfin nous libérer du carcan post colonial ?

Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l'Europe par la France.
Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance.
Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor public de chez vous.
Nous ne comprenons pas que nous soyons perçus comme des contribuables par l'Etat français, alors que vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle lurette ?
Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout.

Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin.
Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi.
Merci de votre sollicitude.

Tu veux que je décide librement ? Soit.
Mais je ne veux pas que tu sois là.
Tu veux que je décide librement ? Mais soit.
Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul.
Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ?
Oui, je le veux aussi. Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou.
Tu veux t'associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d'être exclusivement à toi. D'être ta chose. Je veux être libre de m'associer avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux.

La mondialisation telle qu'elle est faite pour moi ne me plaît pas. C'est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la liberté.
Mais je veux aussi la responsabilité.

Nous avons payé trop cher les mirages de la coopération franco-africaine depuis de longues années.
Cette coopération est étatiste.
Cette coopération est collectiviste.
Cette coopération est monopolistique.
Cette coopération est jacobine et rétrograde.

Je crois que l'échange libre est bénéfique et qu'il doit être la règle de mon jeu dans la mondialisation.
Je crois que la concurrence est un moyen et qu'elle est mon meilleur atout pour réussir à m'enrichir et à prospérer dans la mondialisation.

Les pires des prédateurs qui nous cachent de la mondialisation sont ceux qui viennent s'apitoyer sur mon sort et me considérer comme un grand naïf auquel ils proposent altruisme, protection, aide publique et humanitaire, mais jamais de commerce responsable.

Le plus grand des prédateurs pour nous est celui qui nous rassemble dans un enclos que l'on appelle le Pré-carré, ou le Champ et nous propose de jouer soit au loup et à l'agneau, soit au renard dans le poulailler.

Nous croyons que la liberté économique annonce et conditionne la liberté politique.

Nous croyons que les esclaves ne peuvent échanger que leurs chaînes. Que le marché est le propre de l'Homme. Que nous sommes des hommes et que nous voulons échanger autre chose sur des marchés libres d'accès et de sortie.

Nous croyons à l'économie de marché. Vous vous trompez à notre sujet lorsque vous affirmez le contraire.

Nous croyons au laisser faire et nous nous méfions de toutes les barrières à la concurrence.

Vous craignez l'immigration de la jeunesse africaine en France et en Europe ?
Vous avez tort.
L'immigration subie ou l'immigration choisie ?
Vous posez mal le débat.
L'immigration relève du droit individuel de circuler et est pour nous une des bases de la liberté que nous recherchons.

La France devrait se demander comment une telle liberté pour nous peut devenir un fléau social pour les Français.

Pour nous, l'étranger a droit au respect de sa vie, de sa dignité et de sa propriété.
Mais nous savons et nous admettons que l'étranger ne peut avoir tous les droits, car nous savons et admettons qu'il n'y a pas de droits sans devoirs.
L'étranger doit se soumettre aux règles sociales de la société qui l'accueille.

Vous avez le sentiment que certains étrangers ne respectent pas les règles de votre société et ont des comportements anormaux ?

Mais ce n'est pas notre faute à nous qui vivons ici dans les pays d'origines de ces immigrés. Les repousser à vos frontières, contrôler leur entrée et sortie de chez vous sont de fausses solutions coûteuses, humiliantes et inefficaces.

Pour vous en sortir, laissez-nous vous donner des conseils d'amis et d'alliés.

Abandonnez votre Etat-providence, car c'est lui qui attire l'immigré que vous craignez. Les forces d'attraction de chez vous sont aussi fortes que les forces de répulsion d'ici.

De nombreux immigrés apportent à la France leur travail, leur talent, leur argent.
Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les autres régimes liberticides que vous installez chez nous.

Mais les plus nombreux, ceux qui sont supposés vous faire le plus de mal, sont ceux qui arrivent chez vous, pour profiter comme de nombreux Français de souche, du parasitisme offert par votre Etat-providence. Je présume que vous le savez déjà.

Ceux-là vont en France pour toucher des allocations, pour se livrer à de petits et à de grands trafics, pour profiter des cadeaux qu'offre l'Etat français à ses propres parasites.

Les places sont gratuites chez vous et elles rapportent plus que chez nous, car votre Etat-providence est plus généreux que les nôtres, et plus riche aussi.

Nous croyons que par des relations de travail libre, par l'échange marchand, par le libre échange entre la France et nous, l'immigration trouvera solution. Or vous nous proposez de nous méfier du laisser-faire pour nous accrocher au protectionnisme offert par nos Etats-providence rentiers, pâles copies du vôtre.

Nous voulons que les immigrés qui arrivent chez vous vous donnent plus qu'ils ne vous prennent, mais votre Etat-providence leur propose la gratuité pour tout ce qu'ils peuvent avoir.
Nous aimons la France pour sa sécurité sociale. Elle nous épargne de faire de grands efforts d'adaptation au monde moderne, d'éduquer correctement nos enfants qui y naissent. Elle nous propose le RMI, les allocations logements, les prestations familiales. Elle nous propose des revenus à peine suffisants pour vivre de façon médiocre sans travailler chez vous. Mais tout cela, vous le savez déjà.

Parmi vos immigrés qui viennent de chez nous se trouvent les plus pauvres des immigrés, les plus mal éduqués, les plus délinquants, les plus mal aimés, les plus mal logés.

Votre Etat-providence nous offre une couverture sociale complète dans des ghettos, des foyers bruyants et violents que vous appelez “logements sociaux”.

Les enfants d'immigrés africains vont dans des écoles où l'on n'apprend presque plus rien, pas même la politesse et le savoir-vivre français que nous admirons de loin, nous qui sommes restés ici au pays. L'école française ne leur apprend pas même la vertu du travail bien fait, pas même le respect des autres.

Nous voulons commercer avec une société française compétitive. Mais votre Etat nous propose des monopoles, des statuts figés, des services publics, des entreprises protégées.

Les Africains de qualité comprennent de plus en plus que vivre chez vous, sous la protection de l'Etat-providence les sclérose ; ils vont ailleurs pour être plus compétitifs et faire face aux enjeux du monde actuel. Ça aussi, vous avez dû le constater.

Nous pensons que seules des relations marchandes entre la France et l'Afrique révèleront les opportunités d'embauches en qualité et en quantité chez vous comme chez nous. Mais vous semblez avoir peur du marché libre.

Nous ne pensons pas qu'il soit dans les prérogatives de l'Etat-providence de dire qui est qualifié pour entrer et s'installer en France pour bénéficier des droits sociaux. Nous croyons au partenariat direct entre les peuples, entre les jeunes, entre les entreprises. Vous aimez plutôt les rencontres au sommet.

Nous immigrons en grand nombre chez vous, parce que notre vie ici, du fait de votre protection bienveillante et providentielle, est misérable.

Nous pensons que si vous nous donnez plus de liberté de choix, plus de libertés économiques, la source principale de cette immigration artificielle disparaîtra.

Pour vaincre l'immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d'Afrique esclaves de votre générosité.
Un pays comme le Sénégal a perdu dans les mers plus d'hommes candidats à l'immigration que la Côte d'Ivoire avec sa guerre ces cinq dernières années.

L'immigration est aussi un fléau pour nous tant qu'elle sera organisée par votre Etat-providence.

Pour vaincre l'immigration, abandonnez les Etats-providence, abandonnez les accords de coopération rétrogrades et étatistes.

Pour vaincre l'immigration, nous vous offrons la liberté économique.
Au lieu de l'Eurafrique, nous voulons la Librafrique.

Dans la mondialisation, nous savons que les économies nationales sont en compétition. Nous envisagions d’aller en compétition avec ce que nous avons. Si vous le voulez bien, alors laissez-nous faire.

Nous envisagions de préciser les droits de propriété de base sur nos terres et nos entreprises d'Etat et les rendre aux entrepreneurs privés. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.

Nous rêvons d'adopter des politiques macroéconomiques qui nous évitent les humiliations du surendettement et des déficits budgétaires insupportables. Si vous voulez le faire avec nous, alors laissez-nous faire.

Nous voulons arrêter de tourner nos vues vers le passé. Nous voulons regarder l'avenir avec sérénité. Pour cela, nous rêvons de politiques de croissance fondées sur une épargne domestique capable de nous rendre aptes à financer nos besoins d'investissements risqués. Pour cela, nous rêvons d'un système bancaire moderne qui rompe avec la tradition protectionniste de contrôle des changes et des banques centrales non indépendantes des zones CFA. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.

Nous voulons plus de flexibilité sur nos marchés du travail. Si vous nous aimez, alors laissez-nous faire.

Nous pensons que la lutte contre la corruption est primordiale mais qu'elle ne peut réussir qu'en prenant de vigoureuses mesures et en donnant des exemples qui ne mettent personne au-dessus du droit. Si vous voyez ce que nous voulons dire, alors laissez-nous faire.

Nous voulons que notre prospérité soit bâtie en amitié avec tous les peuples du monde et sans exclusivité. Si vous pensez que le monde est un village planétaire et que la mondialisation est beaucoup moins une affaire d'Etat qu'une affaire de liberté d'échanges, alors laissez- nous faire.

Si vous voulez un véritable discours de rupture, Monsieur le président de la République française, alors, en plus de définir la politique africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politique française de l'Afrique.

C'est de la rencontre de ces deux visions sous la contrainte de nos autres relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire.

Les libertés et les Droits de l'Homme ne se négocient pas. L'autodétermination des peuples est un droit. Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire.
Le marché ne peut pas être pour l'Europe et les bureaucraties pour l'Afrique.
Arrêtez de le concevoir.

Encore une fois merci d'être venu et d'avoir parlé comme vous avez parlé.

Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture effective à la jeunesse d'Afrique si discourtoisement interpellée par vous à Dakar le 26 juillet 2007. Les désirs de rupture d'avec les vues de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d'autant qu'ils n'iront jamais jusqu'à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle politique africaine de la France. Par contre, nous avons, avec la mondialisation, l'occasion de rompre avec le modèle de coopération que la France nous propose. Merci de nous avoir donné l'occasion de vous le dire.

Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n'est pas pour vous, nous vous indiquons que c'est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d'Afrique, nous rompons.

Pr Mamadou Koulibaly
Président de l'Assemblée nationale

A lire aussi dans la  selection d'Abidjantalk.

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Dernière édition par webmaster le Aoû 09, 07 6:21 pm;

Vive la libre expression pour que vive la Democratie.
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Aoû 04, 07 10:15 pm     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        1
Son Excellence
Piampiam1er


Inscrit le: 15 Déc 2006
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Un tel texte mérite tout simplement d'être enseigner dans cours d'histoire et de littérature dans les écoles africaines.

0


Rétablir les paradigmes de la vision anthropologique de l'Homme Africain, pour le sortir des carcans de son histoire récente
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Aoû 05, 07 11:38 am     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        2
Son Excellence
Gbapleu


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Piampiam1er a écrit:
Un tel texte mérite tout simplement d'être enseigner dans cours d'histoire et de littérature dans les écoles africaines.
Allons-y doucement, la precipitation peut être nuisible et aussi nuisante.Pourquoi vouloir une quelconque permission de l'autre pour faire un choix?
Citation:



 

Nous n’avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de Chefs d’Etat.
Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.
Nous ne voulons plus être marchés captifs de qui que ce soit.
Nous voulons redevenir libres. Il ne s’agit pas d’un retour à un quelconque âge d’or. Il ne s’agit pas d’une option pour nous, mais de notre survie.

Il s’agit d’être simplement des humains, de vivre comme tels et d’être traités comme tels.

Nous ne voulons pas de traitement de faveur.
Nous voulons avoir notre liberté de choix.
Nous voulons tirer profit des droits impreskriptibles que nous avons d’être propriétaires de nous-mêmes en tant qu’humains.

Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves.
Sur les marchés coloniaux.
Dans le pacte colonial.

Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe.

N’est-ce pas vous qui avez dit que l’Afrique ne comptait pas pour la France ?
N’est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ?
Savez vous que le Niger est un pays d’Afrique ?

La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d’amour là où le monde parle d’intérêt et d’intérêt là où le monde parle d’amour.

Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir:


.

Nous voulons que Sarkozy
nous laisse faire,
nous laisse passer.

Nous voulons que la France
nous laisse faire,
nous laisse passer.

Nous voulons que l’Europe
nous laisse faire,
nous laisse passer.

Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons.

Nous connaissons le mode d’emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.

Le Prof utilise sans doute cette forme d'expression pour adoucir son pamhlet, mais l'agrèssivité devrit être de mise et non seulement dans le style mais elle doit et surtout être mise en pratique.L'action doit pointer dès ce soir à l'horizon,il suffit pour cela se rappeler des léçons du Roi Christophe, d'Aimé césaire.Se mettre au travail et penser seulement au travail.

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Dernière édition par Gbapleu le Aoû 05, 07 11:44 am;

UN HOMME QUI A PEUR N'EST PAS UN HOMME LIBRE !Gbap.
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Aoû 05, 07 9:32 pm     Re:Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        3
Senior
Laurent


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Proffesseur,enseigne a nos enfants et a nos petits enfants ton savoir faire.
Merci prof pour ce discoure.

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Aoû 06, 07 8:48 pm     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        4
Son Excellence
CMental


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Merci, c'est du grand Koul:
Mamadou Koulibaly, Président de l'AN de CIV a écrit:

Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves.
Sur les marchés coloniaux
.
Dans le pacte colonial.

Mamadou Koulibaly, Président de l'AN de CIV a écrit:
Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n'est pas pour vous, nous vous indiquons que c'est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d'Afrique, nous rompons.

Mais hélas, combien de temps faudra-t-il à l'Afrique pour qu'une dizaine de ses états se sentent économiques solides pour endosser ce discours de liberté, pauvre Afrique, ou bien ?

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Dernière édition par CMental le Aoû 06, 07 8:50 pm;

Libérez le président Laurent Gbagbo, espèce de malfrats, tueurs de Khadafi, dits com-inter, ou bien ?
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Aoû 08, 07 3:36 pm     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        5
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les palabres inutiles qui n'ont rien a voir avec le contenu de ce sujet ont ete effaces.
Ce sujet ne merite pas toutes ces diversions.
Merci.

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Vive la libre expression pour que vive la Democratie.
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Aoû 10, 07 2:52 pm     Re:Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        6
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Réactions au discours du chef de l'Etat à Dakar le 26 juillet
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français.
QUOTIDIEN : vendredi 10 août 2007
     
Monsieur le Président, 
 
Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ?

Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort.

Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature.

Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître.
Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.

Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?
Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ?

Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous.

Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ?

Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme.

Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ?

Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous.

Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?

Sincèrement et franchement à vous.

Antananarivo, le 3 août 2007
Raharimanana et les écrivains
Boubacar Boris Diop (Sénégal),
Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),
Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),
Kangni Alem (université de Lomé),
et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

0


Vive la libre expression pour que vive la Democratie.
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Aoû 10, 07 3:31 pm     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        7
Son Excellence
Colombe


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Je n'ai ps lu le discours mais perso, je leur demanderai plutot qu'ils ecrivent au president de leur pays respectif et meme a tous les presidents africains qui aident la France et les pays imperialistes a continuer de nous traiter comme des moins que rien. Qu'ils leur manifestent leur colere vis a vis de la maniere dont les Africains st traites a cause d'eux. Oui, c'est a cause de nos propres dirigeants qu'un Sarko, ou Chirac ou n'importe lekel presidents des grandes puissances peut se permettre de voir l'Afrique comme leur marche-pied et nous parler de la sorte.

Qu'est ce que Sarko est alle faire au Senegal? Et pourkoi le Senegal? pourquoi, il n'est pas alle en Afrique du sud, ou en Cote d'Ivoire, ou au Maroc, ou en Lybie? Pourkoi le Senegal ( si ce n'etais pas le Senegal, c'etait surement le gabon).

Jamais, un pays arabe va accepter qu'un quelconque president s'ammene chez eux pour leur parler de la sorte...jamais...

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Dernière édition par Colombe le Aoû 10, 07 3:35 pm;
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Aoû 11, 07 2:07 am     Re:Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        8
Son Excellence
Melusine


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« L’homme africain... ». Retour sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier, par Thomas Heams.
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6 août 2007








Libération, jeudi 2 août 2007.


Ainsi donc, le déterminisme de la pédophilie était un signe avant-coureur, une mise en jambe de campagne avant les choses sérieuses. Dans une allocution sidérante prononcée à Dakar, Nicolas Sarkozy qui ose tout, et c’est à cela qu’on le reconnaît, a dévoilé le fond d’une pensée qui, si les mots ont un sens, est la parole officielle française la plus raciste depuis longtemps. Chimiquement pure.

Ainsi donc, « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. » Nous y voilà. La chaleur, le rythme des saisons.

Nicolas Sarkozy a oublié de concéder que dans cet océan de médiocrité, l’Africain, au moins, avait le rythme dans la peau et courait vite. Le tableau aurait été parfait. Une typologie lamentable, qui n’est même pas du néocolonialisme mais du bon vieux colonialisme à l’ancienne, à la Jules Ferry. Car à quoi servent ces considérations d’arrière-zinc ? A parler de la colonisation bien évidemment. Oh, certes, cruelle ! Mais que l’on se rassure, si terrible qu’elle soit, la colonisation a « ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’Histoire ». On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Ces mots ont été prononcés par notre plus haut représentant. En notre nom. Mais depuis combien de temps ne parle-t-on plus comme cela ?

Doit-on rappeler au président de la République ces propres mots, prononcés quelques jours plus tôt au Mémorial de la Shoah, ces mots justes et pertinents, s’inscrivant dans la lignée de ceux de Jacques Chirac : ne jamais oublier, assumer sa part de responsabilité. Pourquoi à Paris ces mots forts qui insistent sur la permanence de la mémoire, et en Afrique ces mots veules qui font de la mémoire des crimes de la colonisation une réalité que l’on concède du bout des lèvres, pour aussitôt appeler à ne pas s’y complaire. Est-ce trop demander, au XXIe siècle, que d’attendre d’un président un minimum de cohérence ?

Ces mots dessinent-ils le portrait d’un raciste fanatique ? Non bien sûr. Notre Président ne se lève pas le matin en maudissant les Africains. Mais cela ne suffit pas à l’absoudre, tout comme il ne suffit pas d’emmener Basile Boli pour faire passer la pilule. Et être capable de prononcer un discours sur l’homme Africain, et de toutes ses supposées tares de même que l’on incline à penser que l’on naît pédophile, c’est incontestablement s’inscrire dans une anthropologie raciste, une vision rancie et fermée du monde, où l’Europe civilisatrice et l’Afrique éternelle se regardent en chiens de faïence. Cruelle déception pour tous ceux qui, indépendamment du reste, pouvaient espérer de la France qu’elle passe un cap. Solidement ancrée sur sa vigilance face aux aventures impériales états-uniennes, elle avait en revanche donné trop souvent l’impression d’être frileuse sur les droits de l’homme, officiellement au nom du très chiraquien « respect de la différence » pour les régimes en place. Nicolas Sarkozy, dans son discours au soir de son élection, s’étant présenté comme le président des droits de l’homme (du moins à l’étranger) on pouvait espérer de sa part une audace, puisée aux sources du libéralisme politique, qui aurait permis de rompre avec le paternalisme gaulliste, sans renouer pour autant avec l’impérialisme. On assiste avec stupeur à une régression inattendue qui ne manquera pas de nous isoler encore plus aux yeux de nos partenaires africains. Cette parodie de discours prétendument direct, qui s’autorise toutes les outrances sur la base de sa sincérité autoproclamée, est une marque d’infamie. Reste une question. Dans un pays normal, ces propos devraient mettre le feu au débat. Mais en ces temps où il est de bon ton d’être décomplexé, tout devient possible, comme dirait l’autre. Mais, citoyens, commentateurs, représentants, qu’auriez-vous dit si ces mots, ces catégorisations pitoyables et scandaleuses, étaient sortis de la bouche d’un Le Pen ? A quels feux croisés aurions-nous assisté ! Mais non, l’indignation de la presse sénégalaise semble n’avoir eu d’égal que le silence incroyable de tout ce que nous pouvons compter d’intellectuels, de ligues de droits de l’homme.

Thomas Heams

Thomas Heams, maître de conférences en génétique à Paris.


-  Source : Libération www.liberation.fr

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«Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères ... ou périr ensemble comme des idiots» - Martin Luther King
Mitakuye Oyasin ! nous sommes tous reliés !
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Aoû 11, 07 9:21 am     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        9
Son Excellence
NegroAfricain


Inscrit le: 06 Aoû 2005
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Patrie:
 1
CMental a écrit:

Merci, c'est du grand Koul:
Mamadou Koulibaly, Président de l'AN de CIV a écrit:

Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves.
Sur les marchés coloniaux
.
Dans le pacte colonial.

Mamadou Koulibaly, Président de l'AN de CIV a écrit:
Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n'est pas pour vous, nous vous indiquons que c'est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d'Afrique, nous rompons.

Mais hélas, combien de temps faudra-t-il à l'Afrique pour qu'une dizaine de ses états se sentent économiques solides pour endosser ce discours de liberté, pauvre Afrique, ou bien ?

Cher frère, je te comprend parfaitement.

Grand Discours de Liberté.

Cette Liberté, nous la voulons maintenant. Ce désir doit être suivi d'actes concrets.

Mais pour que les Français ne viennent plus nous insulter, nous devons le leur  montrer dans les actes de tous les jours : Travailler et encore travailler pour être économiquement fort.

Sarkozy a insulté les Africains parceque nos dirigeants le lui ont permis.

La jeunesse AFricaine que nous sommes ne devrons jamais oublier ce discours. J'ai pris la peine de le lire : Quelle insulte !

Dès aujourd'hui, mettons-nous au travail pour reprendre entièrement notre économie aux mains des déliquants-pédophiles français qui pillulent en Afrique. Tel est le combat des années à venir pour la jeunesse. Je voudrais très sincèrement que tout jeune Africain l'inscrive dans son projet d'Avenir. 

Barc.

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Aoû 15, 07 6:19 am     Re:Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        10
Junior
serichi libo


Inscrit le: 20 Mai 2005
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WebZone: France
Patrie:
Je suis hyper impressionné par la qualité  intellectuelle de notre président de l'assemblée ivoirienne.
C'est une chance de l'avoir à nos côtés.
Depuis son texte sur les raisons de sortir du cfa à sa lettre à Sarkosy , je pense tout simplement qu'il mérite la palme d'or de grand chancellier africain.
Cet homme est une icône, ses écrits doivent être enseignés dans toutes les écoles africaines sans exception.
Ce brillant intellectuel à tout compris de la duplicité de la politique française concernant l'Afrique.
Desormais la France doit prendre en compte le désir des africains à ne plus appartenir au pré carré de que qui ce soit, fini le temps des sommets France Afrique , place au temps de la libreAfrique, tel sera le slogan d'une afrique qui gagne.
MERCI MAESTRO.

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Sep 04, 07 4:02 pm     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        11
Cadet(te)
nounoursge


Inscrit le: 05 Aoû 2007
Messages: 19
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Patrie:

Sarkozy et son "homme africain" irritent sur le continent noir

Reuters 04.09.07 | 17h19

Par Diadie Ba

DAKAR, Sept (Reuters) - "Une faute politique". Ainsi des
intellectuels et hommes politiques africains jugent-ils la théorie de
Nicolas
Sarkozy sur "l'homme africain", que le président français a jugé
étranger à "l'idée de progrès" lors d'un discours fin juillet à Dakar
qui
continue de susciter la polémique sur le continent noir.

"Se peut-il qu'il n'ait pas compris à quel point nous nous sommes
sentis insultés?", lance l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop,
figure de l'Afrique francophone contemporaine.

"D'un point de vue rigoureusement politique, son discours est une
faute. Il ne tardera pas à s'en rendre compte: les Africains et les
nègres de la diaspora ne le lui pardonneront jamais", souligne-t-il.


Le 26 juillet, lors d'un discours à l'université sénégalaise de
cheikh Anta Diop, à l'occasion de sa première visite présidentielle en
Afrique sub-saharienne, Nicolas Sarkozy avait quelque peu ému
l'auditoire en suggérant que l'Afrique n'était pas entrée "dans
l'Histoire".


"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire", avait-il dit.


"Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les
saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne
connaît
que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin
des mêmes gestes et des mêmes paroles", avait-il poursuivi.


"Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place
ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès", avait-il
affirmé.


"PARFUMS DE RACISME"


L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, engagé dans un
combat critique contre le nouvel exécutif français, s'est dit "blessé"
lundi par les propos de Nicolas Sarkozy.


"Veillons à ne pas adresser des contre-signaux à partir
d'interprétations qui sont éminemment discutables", a déclaré l'ancien
chef de
la diplomatie française sur Europe 1.


Dès le lendemain du discours de Dakar, le journal sénégalais Sud
Quotidien avait dénoncé "une insulte", faisant écho aux réprobations
de nombreux étudiants venus écouter le chef de l'Etat français.


L'ancien président malien Alpha Oumar Konaré, aujourd'hui président de la Commission de l'Union africaine, avait déploré des
"propos d'un passé révolu". Et de nombreux responsables de regretter des stéréotypes colonialistes.


Pour Babacar Justin Ndiaye, analyste politique exerçant à Dakar, le discours de Dakar n'est pas à même d'affecter les relations
diplomatiques entre la France et les Etats africains, mais risque de ternir l'image de Nicolas Sarkozy.


"Un discours avec des parfums de racisme fait forcément baisser sa
cote auprès de l'opinion africaine", estime-t-il, citant également
sa politique répressive en matière d'immigration clandestine.


"Par on ne sait quel pouvoir, il s'autorise à parler de l'Afrique
et des Africains à la manière du maître qui a pris la mauvaise habitude
de
maltraiter son esclave," écrit le Camerounais Achille Mbembé,
professeur à l'université sud-africaine Witwatersrand, dans une lettre
ouverte au président français.


Dans ce concert de critiques, seul le président sud-africain Thabo
Mbeki a adopté un ton conciliant, remerciant dans une lettre Nicolas
Sarkozy pour son "courage" et sa "franchise", ainsi que son appel à une
"Renaissance africaine".

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Sep 04, 07 4:32 pm     Re:Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        12
Son Excellence
ben


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Localisation: bouaké-bordeaux
Patrie:
laurent,
Citation:
Proffesseur,enseigne a nos enfants et a nos petits enfants ton savoir faire.
Merci prof pour ce discoure.
et toi, de quels cours aurais tu besoin?

0

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Sep 04, 07 4:38 pm     Re:Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        13
Son Excellence
ben


Inscrit le: 27 Aoû 2005
Messages: 2100
WebZone: France
Localisation: bouaké-bordeaux
Patrie:
colombe,

Citation:
Jamais, un pays arabe va accepter qu'un quelconque president s'ammene chez eux pour leur parler de la sorte...jamais...

avant le Senegal, il a été en Algerie. et a dit aux algeriens sa part de verité.

0

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Sep 04, 07 5:20 pm     Re: Koulibaly a Sarkozy: “Vous n'avez encore rien compris”        14
Son Excellence
CMental


Inscrit le: 02 Aoû 2005
Messages: 9398
WebZone:
Patrie:
 233

Ben, arrête de faire dans le dilatoire tout le temps, et surtout ne fais pas comme la menteuse du coin qui, pour nous insulter a dû  trouver des muscles au discours dakarois de Sarko pourtant clairement des plus minables, sinon regarde ce beau texte de Diadie Ba :

Diadie Ba a écrit:
"Se peut-il qu'il n'ait pas compris à quel point nous nous sommes
sentis insultés?", lance l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop,
figure de l'Afrique francophone contemporaine
.

Diadie Ba a écrit:
"D'un point de vue rigoureusement politique, son discours est une
faute. Il ne tardera pas à s'en rendre compte: les Africains et les
nègres de la diaspora ne le lui pardonneront jamais
", souligne-t-il.

 

0



Dernière édition par CMental le Sep 04, 07 5:30 pm;

Libérez le président Laurent Gbagbo, espèce de malfrats, tueurs de Khadafi, dits com-inter, ou bien ?
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