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APRES PLUS DE 3 MOIS D'EXIL Adama Bictogo en route pour Abidjan Fin de cavale pour le conseiller politique de Charles Konan Banny. Adama Bictogo regagnera Abidjan le lundi prochain dans le cadre de l'application de l'accord de Ouagadougou. Le président de la République signera aujourd'hui même l'ordonnance amnistiant tous les délits relatifs aux atteintes à la sûreté de l'Etat.
L'information a déjà été livrée par Le Matin d'Abidjan au lendemain de la signature de l'accord politique de Ouagadougou le 4 mars dernier. Le Président Laurent Gbagbo était prêt à passer l'éponge sur la poursuite engagée depuis le mois de décembre par l'Etat de Côte d'Ivoire contre Adama Bictogo, le Conseiller politique de Charles Konan Banny ; pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Adama Bictogo, de sources proches de la présidence ivoirienne, regagnera Abidjan ce lundi, après plus de 3 mois d'exil passé essentiellement au Burkina Faso.
Ce retour de Adama Bictogo qui marque du coup la fin de ses déboires avec la justice ivoirienne s'inscrit dans le cadre de l'application de l'accord politique de Ouagadougou signé le 4 mars dernier. En effet, au titre du chapitre 6.3 relatif à la loi d'amnistie, l'accord de Ouaga déclare ceci : " Afin de faciliter le pardon et la réconciliation nationale et de restaurer la cohésion sociale et la solidarité entre les Ivoiriens, les deux Parties au Dialogue direct conviennent d'étendre la portée de la loi d'amnistie adoptée en 2003. A cet effet, elles ont décidé d'adopter, par voie d'ordonnance, une nouvelle loi d'amnistie couvrant les crimes et délits relatifs aux atteintes à la sûreté de l'État liés aux troubles qui ont secoué la Côte d'Ivoire et commis entre le 17 septembre 2000 et la date d'entrée en vigueur du présent Accord, à l'exclusion des crimes économiques, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ".
Le président de la République, toujours selon nos sources, devrait en principe signer aujourd'hui même cette ordonnance tenant lieu de loi d'amnistie couvrant les délits relatifs aux atteintes à la sûreté de l'Etat d'après le déclenchement de la crise. Et le crime pour lequel Adama Bictogo est devenu un " wanted " décidé dans ce cadre ; puisque c'est en décembre 2006 que le Conseiller politique de Banny à l'époque avait été cité dans une tentative de coup d'Etat contre le régime du Président Laurent Gbagbo. A la vérité, ce point de l'accord politique de Ouagadougou a été spécialement inscrit pour régler le cas Bictogo.
Tous ceux qui étaient au Libya hôtel depuis le mois de février dernier à la faveur du "dialogue direct" ont pu se rendre compte de l'enthousiasme de Adama Bictogo vis-à-vis des pourparlers censés se dérouler entre le camp présidentiel et la rébellion ivoirienne des Forces nouvelles. Bictogo qui avait obtenu l'asile du président du Faso n'a pas hésité à apporter ses services aux protagonistes afin que les discussions se déroulent au mieux. Et c'est très souvent qu'il se retrouvait pendant de longues heures avec le chef de la délégation présidentielle, Désiré Tagro, pour définir des schémas. Aussi, la délégation de la rébellion des Forces nouvelles a-t-elle beaucoup travaillé avec Adama Bictogo. Au finish, le résultat à là : la disponibilité de Bictogo vis-à-vis des deux délégations - et qui a vite été interprétée comme une manœuvre pour le retour de Charles Konan Banny - n'était qu'en réalité un lobbying pour sa propre personne.
Aujourd'hui, son cas a été pris en compte dans l'accord né du " dialogue direct " avec non seulement l'appui des participants au " dialogue direct" mais aussi celui du Président Blaise Compaoré. De plus, Adama Bictogo, de sources proches de la rébellion, a été appelé à travailler avec Guillaume Soro. A la primature ou au gouvernement ? Aucune précision n'a été donnée. En tout, selon nos informations, au RDR, on reproche à Adama Bictogo d'avoir travaillé en bonne intelligence avec la rébellion des Forces nouvelles, au détriment de Alassane Dramane Ouattara. Nous y reviendrons.
ROBERT KRA |