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abidjantalk.com Index du Forum » Histoire: L'Afrique, Hier et Aujourd'hui » Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.  
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Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.
Juin 24, 08 7:05 pm     Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        0
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Ivoirophile


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.Avant tout, distinguons ces deux paradigmes, qui, sans s’opposer, révèlent les positionnements et les conflits idéologiques qui traversent ce courant de pensée. Stricto sensu on définit « Afrocentricité » comme un paradigme de connaissance africaine du monde en général, de l’Afrique et ses diasporas en particulier, tandis que « Afrocentrisme » relèverait davantage d’une posture, d’une manière d’être, de penser ou d’agir selon ce paradigme.

Si l’on s’en tient à ses définitions, la distinction entre Afrocentricité et Afrocentrisme est donc de pure forme. Or, Certains grands penseurs du courant afrocentrique ont récemment récusé le terme d’Afrocentrisme, car celui-ci est utilisé par les « africanistes » pour tenter d’enfermer cette tradition intellectuelle dans un système de pensée au sens péjoratif du terme. Les Africanistes sont les spécialistes (ethnologues, anthropologues, sociologues, mais surtout historiens), non-Africains des études africaines, qui sévissent dans les milieux universitaires depuis une quarantaine d’années. C’est à eux que l’on doit la quasi-totalité des ouvrages écrits sur l’Afrique, et qui ont été diffusés à l’échelle mondiale, forgeant l’image d’une Afrique qui ne peut exister que d’un point de vue occidentale.

En effet, les Africanistes, menés par J-P Chrétien, l’Historien français de référence sur l’Afrique, estiment être les seuls à avoir le droit et la compétence pour écrire l’histoire de l’Afrique, un continent qu’ils considèrent comme leur chasse-gardé. Ils ont donc vu d’un très mauvais oeil l’émergence d’un courant de pensée revendiquant l’écriture de l’Histoire du continent noir par des Noirs, de l’Afrique et de la Diaspora. Les campagnes de dénigrement, les procès en incompétence, en militantisme, en extrêmisme ont donc toujours accompagné leurs regards et leurs discours sur l’Afrocentrisme, rendant le terme lui-même synonyme de fanatisme et de racisme.

Molefi Kete Asante Molefi Kete Asante, Directeur du département d’Etudes Africaines de l’Université d’Etat de Temple (Philadelphie), est celui qui a créé le concept de « Afrocentricity », que l’Historienne Ama Mazama, afro-caribéenne originaire de la Guadeloupe, spécialiste en linguistique, en religions africaines, définit comme suit : « L’Afrocentricité est l’une des réponses forgées par les Africains afin de remédier à la situation de dépendance dans laquelle nous nous trouvons, en dépit d’une indépendance nominale. […] Ce qui définit donc l’Afrocentricité, c’est le rôle crucial attribué à l’expérience historique, sociale et culturelle africaine prise de façon systématique et consciente comme ultime point de référence. Cela a deux conséquences immédiates. La première est que l’Afrique est autoréférentielle. […] La deuxième conséquence est que l’expérience africaine n’a pas besoin d’être légitimée et validée de l’extérieur, et sûrement pas par l’Occident.[…] »

Le courant de l’Afrocentricité est donc une volonté africaine (Afrique et diaspora africaine) d’autodétermination épistémologique, culturelle, politique, économique, etc. par rapport à l’occidentalisation du monde, des manières de pensée, d’être et d’agir. Selon Molefi Kete Asanté, les Africains et Afrodescendants ne pourraient efficacement contribuer à l’humanité que s’ils se reconnectaient radicalement à leur propre africanité ; que s’ils se réappropriaient et réinvestissaient leurs héritages ancestraux, dans tous les domaines de l’activité humaine : politique, économique, culturelle, spirituelle, philosophique, etc. L’attention des auteurs afrocentristes porte donc tout particulièrement sur l’historiographie de l’Afrique, depuis les temps les plus anciens jusqu’à la période contemporaine.

En effet, dès ces origines, l’Afrocentrisme est un courant de pensée qui vise à valoriser l’apport des Africains à l’évolution des civilisations. L’Afrocentrisme universitaire contemporain commença avec les travaux d’intellectuels d’origine afro-américaine ou antillaise au début du XXe siècle. Il prend son essor dans les années 60, revendiquant l’enseignement de l’histoire des Afro-américains. Des centres de « Black Studies » sont alors créés, partant de l’idée que l’Histoire du peuple noir avait été jusqu’alors occultée par le pouvoir blanc et ses institutions. Des publications comme The Crisis ou le Journal of Negro History entendaient lutter contre l’idée - dominante à l’époque en Occident - selon laquelle l’Afrique n’aurait rien apporté dans l’histoire de l’humanité qui ne soit la conséquence d’incursions européennes ou arabes. Ces revues affirmèrent le caractère fondamentalement noir de l’Égypte ancienne et étudièrent l’histoire de l’Afrique noire précoloniale.

En réalité, les bases de l’Afrocentrisme avaient été jetées dès la fin du 19ième siècle, par Martin Robinson Delany (1812-1885), un Africain-Américain qui proposait une méthode de traduction des hiéroglyphes Egyptiens, inaugurant ainsi une tradition historiographique négro-africaine intégrant l’Égypte au sein de ses préoccupations épistémologiques. Cette tradition sera poursuivie, approfondie et vulgarisée par les travaux de l’historien Cheik Anta Diop qui, en 1954, provoquera un tollé dans les milieux universitaires avec ses travaux sur l’origine noire de la civilisation égyptienne, publiés dans son ouvrage Nations nègres et culture . Ce sera un véritable électrochoc pour une époque où le racisme et ses relents coloniaux, qui ne veulent pas dire leur nom, jouent un rôle fondamental dans la formation de la connaissance historique et de la perception même du monde, totalement structurée par l’eurocentrisme.

A l’ère des indépendances, l’Afrocentrisme trouve de nombreux échos parmi les dirigeants politiques africains, tout particulièrement auprès du président ghanéen Kwame Nkrumah qui financera les travaux de l’Afro-américain W.E.B. Du Bois, rédacteur au journal The Crisis, qui tentait de mettre en place un système de valeurs panafricaines fondé sur les traditions présentes dans ces cultures. Du Bois avait pour mission de diriger la rédaction d’une Encyclopedia Africana qui traiterait de l’histoire et des cultures de l’Afrique noire, mais il mourut avant que l’ouvrage soit terminé. Mais le mouvement était lancé et aujourd’hui, la Renaissance Africaine est promue par de nombreux intellectuels et hommes politiques africains ou afrodescendants de premier plan, tels que le Président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud.

Toutefois, plus d’un siècle après ses premiers fondements, l’Afrocentrisme a montré certaines limites, du moins dans la manière dont il est promu aujourd’hui. Nul ne mets en doute le travail de conscientisation de ce courant de pensée, ni son influence déterminante dans les grands mouvements de lutte comme celui mené par les Black Panthers, pour ne citer qu’eux. Mais pour certains, l’Afrocentrisme reste trop théorique et néglige la réflexion sur les « implications » et les « applications » concrètes de l’Afrocentrisme dans les enjeux socio-économico-politiques auxquelles sont confrontés les sociétés noires, qu’elles soient d’Afrique ou de la Diaspora. Pour d’autres, l’Afrocentrisme est trop ancré dans le passé, trop focalisé sur l’Egypte ancienne, occultant les autres civilisations africaines dites « moins évoluées », et reproduisant au final une forme de perception et de hiérarchisation occidentale des critères de « Civilisation ».

L’Afrocentrisme est également jugé trop « dogmatique » au sein de la communauté, car ses défenseurs ne souffrent aucune remise en question, n’hésitant pas à diaboliser leurs contradicteurs : ou on est « Afrocentriste » ou on est « vendu ». Un radicalisme qui peut se comprendre au regard de l’occultation totale dont l’Histoire de l’Afrique a fait, et fait encore, l’objet, mais qui se révèle peu constructif en réalité.

Le point de vue de ceux qui n’adhèrent pas au courant afrocentrique est pourtant des plus pragmatiques : la réappropriation de notre passé est une étape fondamentale de notre renaissance, mais pas une fin en soi. De plus, celle-ci restera veine si nous n’apprenons pas à maîtriser notre présent et ses enjeux. Pour eux, la véritable Renaissance de l’Afrique passe avant tout par sa capacité à s’émanciper économiquement et politiquement. La mondialisation ne fait qu’accélérer les phénomènes d’aliénation et de dépossession économique et politique de l’Afrique. Il faudrait donc apprendre à manier les outils de cette mondialisation pour véritablement reprendre possession de notre destin.

Lu dans un forum houleux sur les "pour" et les "contre" l’Afrocentrisme : « A quoi ça me sert de crier sur tous les toits que mes ancêtres étaient Egyptiens, alors que ce sont des Chinois qui me vendent ma propre nourriture ? ». Il ne s’agit donc pas de nier l’importance de l’Afrocentrisme dans la re-structuration de l’identité noire, mais de lui donner plus d’ambitions. Quelque soit le prestige de son passé, aucune puissance mondiale ou pays émergent ne se repose sur ses acquis. Les cultures qui dominent le monde actuellement sont celles qui ont su évoluer, s’adapter, anticiper, mieux, provoquer ses mutations.

Comme tous les courants de pensée, l’Afrocentrisme ne peut se permettre de rester figé et doit évoluer, en tenant compte de l’évolution globale du monde et en réfléchissant au rôle que les Noirs doivent y tenir. Mais pour cela, il faut que ces défenseurs soient capables de dialoguer au sein de la communauté noire, afin de mieux l’impliquer. De courant de pensée, l’Afrocentrisme devrait devenir un mode de vie aussi naturel qu’un autre. Mais pour cela il doit ancrer ses réflexions dans le présent, le réel, le concret, c’est-à-dire réfléchir à la manière dont il peut motiver, inciter, orienter la création de réseaux socio-économiques et d’entreprises permettant la maîtrise de nos économies, l’émergence de médias permettant la maîtrise de notre image, la promotion de l’éducation permettant la transmission de nos cultures aux générations futures.

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Juin 24, 08 7:07 pm     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        1
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Ivoirophile


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Un article vraiment bien ecrit.

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C’est par son « être » que l’Afrique pourra vraiment accéder à l’avoir. À un avoir authentique ; pas à un avoir de l’aumône, de la mendicité. Il s’agit du problème de l’identité et du rôle à jouer dans le monde.
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Juin 24, 08 8:40 pm     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        2
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Ogotemmeli


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Ivoirophile a écrit:
Un article vraiment bien ecrit.

Dommage qu'on n'en connaisse pas la source exacte. En tout cas, j'y ai repéré nombre d'extraits de mes propres contributions sur l'article Wikipédia.fr consacré à l'Afrocentrisme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrocentrisme

Occupé à faire du copier-coller, l'auteur n'a pas eu le temps d'approfondir le sujet ; en sorte que la forme en est peut-être sauve, mais pas du tout le fond...

Asante Kete Molefi a écrit:
L’Afrocentricité est l’une des réponses forgées par les Africains afin de remédier à la situation de dépendance dans laquelle nous nous trouvons, en dépit d’une indépendance nominale

La nature pragmatique de l'afrocentricité est expressément contenue dans sa définition rapportée par l'auteur de l'article lui même : se connaître soi-même en tant qu'Africain en mobilisant tous les moyens scientifiques possibles, AFIN d'acquérir une meilleure maîtrise de son destin individuel ou collectif. Diop, Obenga, Asante, Garvey, etc. ne disent rien d'autres que cela : apprendre à connaître vraiment l'histoire de l'Afrique pour en tirer des conséquences pratiques, en vue de se forger un meilleur avenir...

Il est donc quasiment mensonger de tenir les propos ci-après,sauf à très mal comprendre le courant afrocentrique :

Citation:

Le point de vue de ceux qui n’adhèrent pas au courant afrocentrique est pourtant des plus pragmatiques : la réappropriation de notre passé est une étape fondamentale de notre renaissance, mais pas une fin en soi. De plus, celle-ci restera veine si nous n’apprenons pas à maîtriser notre présent et ses enjeux. Pour eux, la véritable Renaissance de l’Afrique passe avant tout par sa capacité à s’émanciper économiquement et politiquement.

Comment parvenir à maîtriser "notre présent", si nous ignorons ce qui l'a enfanté, à savoir "notre passé"???

Or, ce passé fait l'objet d'un monopole épistémologique, d'une colonisation académique par les Blancs, qui le distordent (volontairement ou non), afin de nous maintenir dans l'ignorance de nous-même, dans une amnésie collective qui leste toutes nos initiatives d'épanouissement (économique, politique, scientifique, etc.)...

 

Citation:
La mondialisation ne fait qu’accélérer les phénomènes d’aliénation et de dépossession économique et politique de l’Afrique. Il faudrait donc apprendre à manier les outils de cette mondialisation pour véritablement reprendre possession de notre destin.

Les modalités actuelles de la mondialisation ne sont pas une fatalité, sauf pour les intellectuels paresseux et autres suivistes béats. Pire, cette mondilisation s'est amorcée en commettant un crime séculaire contre l'humanité nègre, avec la déportation de dizaines de millions d'Africains, la dévastation des sociétés politiques négro-africaines, jusqu'à une occupation miliotaire de 100 ans de l'Afrique au cours de laquelle 1/3 de sa population à été broyée. Toutes bonnes raisons pour que les Afrocentristes récusent cette modialisation mortifère, négrophobe, et conçoivent des alternatives différentes pour la Renaissance Africaine...

Plus prosaïquement, les Afrocentristes proposent par exemple :

- l'usage d'une onomastique négro-africaine par les Africains ; à l'instar d'Asante Kete Molefi et d'Amaza Mazama (née Marie-Josée Cérol) qui ont abandonné leur nom de blanc pour adopter des noms afrocentrés : ça c'est pragmatique!!! Rien à voir avec ces Africains prétendument "évolués" qui affublent leurs enfants de noms étrangers, façon Jordan, Hugo, Anaïs, etc.

- le retour aux pratiques spirituelles négro-africaines, notamment le vodoun, mais aussi la création d'une fête afrocentrée pour les enfants, à savoir la KWANZA...

 

Bref, une multitude d'initiatives pragmatiques d'inspiration afrocentrique sont déjà mises en oeuvre, contrairement à ce que prétend l'auteur de cet article, pas très bien informé...

Pour toutes ces raisons, je conviens avec toi qu'il est "bien écrit", mais considère qu'il n'est pas suffisamment "bien réfléchi"...

 

 

 

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Dernière édition par Ogotemmeli le Juin 24, 08 8:43 pm;
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Juin 24, 08 8:48 pm     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        3
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Ogotemeli.
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Dommage qu'on n'en connaisse pas la source exacte. En tout cas, j'y ai repéré nombre d'extraits de mes propres contributions sur l'article Wikipédia.fr consacré à l'Afrocentrisme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrocentrisme

Desoler de n avoir pas fais un petit tour sur wikipedia.
Autant pour moi .

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Juin 24, 08 9:05 pm     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        4
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le retour aux pratiques spirituelles négro-africaines, notamment le vodoun
 
Ogotemeli,
Je voudrais avoir ton avis sur un futur probleme .
 
Ne crois tu pas que il faudrais au niveau du retour au sources spirituels negros africaine prendre en compte aussi  les religions aussi dite reveler et leur adeptes.?
C est a dire que si on fait du retour aux negro africaine aun dogme aussi puissant quel dogme chretiens ou muslmans ne croit tu pas que l on se dirige vers des guerres de religions sans precedent ?
 
Merci

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Juin 25, 08 7:48 am     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        5
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Ivoirophile a écrit:
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le retour aux pratiques spirituelles négro-africaines, notamment le vodoun
 
Ogotemeli,
Je voudrais avoir ton avis sur un futur probleme .
 
Ne crois tu pas que il faudrais au niveau du retour au sources spirituels negros africaine prendre en compte aussi  les religions aussi dite reveler et leur adeptes.? C est a dire que si on fait du retour aux negro africaine aun dogme aussi puissant quel dogme chretiens ou muslmans ne croit tu pas que l on se dirige vers des guerres de religions sans precedent ?
 
Merci

L'étude de l'histoire des réligions négro-africaines permet de répondre très clairement à cette question : il y a eu très rarement des conflits religieux entre Africains des temps ancestraux ; avant les djihads des XVIIè-XIXè siècle et les agressions chrétiennes commencées depuis le XVè siècle.

En effet, les pratiques religieuses africaines endogènes ne sont pas du tout prosélytes, contrairement aux religions pompeusement dites "révélées". D'ailleurs, le fait qu'il faille être initié, c'est-à-dire se conformer à un rite de passage très contraignant et souvent "secret", avant de devenir membre à part entière d'une religion négro-africaine montre bien qu'il n'y a pas une volonté frénétique de "faire du chiffre", d'enrôler à tout va toute une foule d'incultes (du point de vue spirituel), pourvu qu'elle fasse nombre et suive béatement des "Guides" de la "foi"...

En outre, le caractère privé des pratiques religieuses laisse une grande latitude aux adeptes pour pratiquer selon leurs propres contingences, sans imposer un scénario immuable (une lithurgie stricte) dans ses moindres détails à tout le monde, en toute circonstance. Bien souvent ce sont les grands ancêtres de chaque lignage (ensemble de familles liées entre elles par une même ascendance, ou se reconnaissant comme telles) qui sont les principaux intercesseurs spirituels de ce lignage. En sorte que la pratique religieuse est très décentralisée, très autonomisée, selon les groupes humains et leurs espaces-temps respectifs : cette grande adaptabilité, cette plasticité des faits religieux dispose les Africains à s'accommoder de la religion d'autrui, à intégrer réellement l'idée que chacun (a fortiori chaque communauté humaine) puisse pratiquer sa "foi" comme il l'entend, sans qu'on ne soit fondé à lui en imposer...

C'est cette grande tolérance des pratiques religieuses en Afrique traditionnelle qui a fait dire aux Blancs mal avertis que les Africains sont des polythéistes : voyant que dans chaque hameau, village ou pays africain qu'ils rencontraient, la manière de faire des habitants à l'égard des questions religieuses était variée, multiple, voire libéraliste...

Bref, ceci pour te dire qu'il n'y a aucun risque de "guerres de religion" à rehabiliter nos propres pratiques spirituelles ancestrales. Bien au contraire, celles-ci ne se contentent pas de prôner la tolérance et la liberté de culte, elles le vivent concrètement comme une morale agissante qui garantit la paix civile...

Au demeurant, tes "dogmes" chrétiens ou musulmans sont bien souvent des emprunts "accommodés" de pratiques religieuses originellement africaines. L'auteur Sarwat Anis Al Assiouty a passé des décennies de recherches à prouver que l'islam et le christianismes sont inspirés du monothéisme égyptien pharaonique, c'est-à-dire des plus anciennes religions négro-africaines dont on dispose de sources écrites...

 C'est ainsi que :

- jésus, qui se dit Issa en arabe, vient de l'africain (égyptien) Iusa...

- christ, qui se dit krisna en indou, vient de krst en égyptien et signifie "oint", c'est-à-dire béni...

- marie, qui se dit miryam en arabe, vient de l'africain mery amon, qui signifie "aimée d'Amon", une autre façon de nommer Aysa (Isis) la négresse (st km.t), mère de Iusa, le grand nègre (km wr) ; "grand", non pas tant par la taille que par les qualités humaines, spirituelle, et par la sagesse...

- la symbolique chrétienne du serpent est un emprunt aux religions africaines, que l'on retrouve par exemple dans Dan Xomè ou dans Wagadu Bida, et qui est attesté depuis l'Egypte ancienne...

- la symbolique chrétienne de l'arbre aussi est attestée en Afrique des millénaires avant l'avènement du christianisme...

Ainsi, en revenant aux religions africaines, on revient à la sources historique même des religions les plus répandues au monde, qui sont partiellement des emprunts étrangers à la spiritualité négro-africaine. Or, je crois profondément que les Africains ne seront vraiment bien dans leur esprit que s'ils renouent avec eux-mêmes spirituellement ; sans pour autant partir en guerre contre les autres traditions religieuses...

Il s'agit donc de réhabiliter en Afrique la possibilité de choisir les regilions africaines dans cet éventail de choix étrangers pléthoriques ; celles-ci ayant été dévastées par les promoteurs des réligions étrangères qui leur ont mené un combat souvent criminel : peresécutant les adeptes africains, brûlant sur la place publique des villages les objets de culte qu'ils qualifièrent de feiticio, de factices, "fétiches"; brimant, molestant, humiliant leurs détenteurs et autres conservateurs...

 Donc, en fait la "guerre" dont tu parles a eu lieu contre les religions africaines par les agresseurs étrangers pendant environ 500 ans : il s'agit maintenant d'y mettre fin, en attribuant à chaque religion une place sous le soleil de la Renaissance (spirituelle) Africaine. Mettre en concurrence les religions étrangères qui se croient en pays spirituellement vierge en Afrique, cela les amènerait certainement à s'amender davantage, par exemple à reconnaître officiellement leur complicité dans le crime contre l'humanité nègre en quoi consistèrent les razzia négrières. Savoir que l'Eglise et certains Abbé (le Père Labat) possédaient des esclaves nègres qu'ils exploitataient dans des plantations outre-atlantiques...

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Dernière édition par Ogotemmeli le Juin 25, 08 8:07 am;
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Juin 25, 08 8:41 am     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        6
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Je te remercis du fond du coeur pour cette reponse claire et precise.
Je m interesse beaucoup a l histoire de nos ancetres et j aimerais
avoir une liste d ouvrage a lire comme point de depart dans la comprehension de l histoire africaine .

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Juin 29, 08 3:15 am     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        7
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Ivoirophile a écrit:
Je te remercis du fond du coeur pour cette reponse claire et precise.
Je m interesse beaucoup a l histoire de nos ancetres et j aimerais
avoir une liste d ouvrage a lire comme point de depart dans la comprehension de l histoire africaine .
Voici deux liens où les ouvrages sont présentés et commentés par des gens les ayant lus : tu n'auras que l'embarras du choix.
 
 
 
Toutefois, je pense que Cheikh Anta Diop est le pape de l'histoire africaine racontée par les sceintifiques africains eux-mêmes ; mondialement reconnu et révéré par des milliers de "disciples", dont je suis. Tout ce qu'il a écrit sur l'Afrique est très très très bon à lire, à commencer (traditionnellement) par NATIONS NEGRES ET CULTURE et L' AFRIQUE NOIRE PRECOLONIALE...
 
Il y a également les différents volumes (8 au total) de HISTOIRE GENERALE DE L' AFRIQUE publiés par l'UNESCO : des dizaines de savants du monde entier ont été sollictés dans les années 1970 pour produire des articles scientifiques faisant l'état général des connaissances acquises à l'époque sur l'histoire de l'Afrique. Ces volumes restent encore la référence académique internationale, traduits en plusieurs langues, dont le Haoussa : http://www.unesco.org/culture/africa/index.html
 
 

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Juin 29, 08 3:29 am     Re: Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        8
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Ivoirophile


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Merci beaucoup .peace a toi .

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C’est par son « être » que l’Afrique pourra vraiment accéder à l’avoir. À un avoir authentique ; pas à un avoir de l’aumône, de la mendicité. Il s’agit du problème de l’identité et du rôle à jouer dans le monde.
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Déc 20, 08 6:48 pm     Re:Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        9
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Ogotemmeli


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Ogotemmêli a écrit:
Un très bel article glané sur la Toile, qui pointe les véritables enjeux de l'afrocentricité
 
ALBOPHOBIE : MYTHE OU REALITE ?
 
(Par : Jean Jacques DIKONGUE
http://www.camerounlink.com )
 
Peut-on entrevoir la question de discrimination « raciale » ou précisément du racisme anti-blanc chez les noirs comme on aborderait celle de la négrophobie ? Depuis que le juif philosophe Alain Finkielkraut (comme il se définissait lui-même à une époque), a solennellement lancé le mouvement, l’idée a fait du chemin et trouve un certain écho parmi les Nostalgiques. Celui qui déclarait en Israël dans le journal Haaretz que : « Les juifs de France n’ont d’avenir que si la France reste une nation ; il n’y a pas d’avenir possible pour les juifs dans une société multiculturelle, parce que le pouvoir des groupes antijuifs risque d’être plus important », validait l’idée d’un racisme des non blancs à l’endroit des blancs par une pétition en 2004 en France. Lorsque l’on analyse la rhétorique du philosophe, on sait d’emblée qui sont visés par cette sortie tant il n’est point avare à leur égard.

Mais derrière cette attitude, la question qui nous interpelle est de savoir si : Celui que l’on désigne noir, nègre, bougnoule est-il albophobe par réaction ou alors éprouve t-il naturellement/culturellement l’envie d’inférioriser ou de denier toute humanité à son alter ego blanc ? En réaction aux actes et propos de rejet auxquels il a toujours fait face, une littérature négrophobe qui a justifié sa mise en esclavage, la colonisation de l’Afrique, le fait que le noir se refuse dorénavant à se regarder dans le tableau peint pour lui par les autres, le rend t-il albophobe à l’image par exemple de :

Carl Vogt : « Transmettre aux autres nations les avantages qui contribuent à notre propre renommée est le seul moyen de légitimer leur possession. Nous devons aux races inférieures les bienfaits et les consolations de la civilisation.» Ou d’un Louis Agassiz qui affirmait à propos des noirs : «Comment pourrions-nous exterminer le stigmate d’une race inférieure si nous commençons par permettre à son sang de se mélanger sans entrave à celui de nos enfants ? ». Ou celle de Victor Hugo à propos de l’Afrique : « Allez, peuples, emparez-vous de cette terre Prenez-la. A qui ? A personne ! Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes. Dieu offre l’Afrique à l’Europe Prenez-la ! ». Ou encore Alfred Michiels qui affirme : «la plus stupide, la plus perverse, la plus sanguinaire des races humaines,…., la couleur noire, la couleur des ténèbres, est vraiment le signe de leur dépravation ».

A la lumière de ces déclarations est-il intellectuellement honnête de parler de l’Albophobie des noirs alors que des recherches sur la théorisation de la notion de race, de son hiérarchisation et de l’infériorisation de l’individu blanc par le noir ne donnent aucun résultat. Il n’est pas questions ici des déclarations tenues ci et là au-détour de quelques manifestations et même dans ce registre encore, on pourrait faire un déballage d’éminentes personnalités sur la place publique telles que le nobel de médecine Watson qui estime que les noirs sont moins intelligents que les blancs. Rappelons que parler de races humaines encore aujourd’hui relève d’un pur fantaisisme ou d’une pathologie de la part de ceux qui veulent expliquer une avancée technologique sur le fondement de la race.

La véritable question sur l’albophobie ou sur la négrophobie ne devrait-elle pas essentiellement porter sur la théorisation des concepts des races humaines et non sur des comportements et/ou déclarations individuels même si ceux peuvent être révélateurs d’un état d’esprit ? Peut-on dire que le noir a fait la théorisation de la problématique des « races ?
Des différents échanges observés ci et là à travers des forums de discussion parcourus, on acquiert la nette impression que : ce que les Nostalgiques* appellent racisme anti-blanc, correspond et c’est bien comme cela, à la fin de leurs petits privilèges, dont le premier et le plus important à mes yeux était l’émerveillement, l’adulation voire l’adoration, que le noir, dans une très forte proportion, vouait au blanc, conséquence d’une idéologie savamment orchestrée et déployée par ses penseurs. D’ailleurs une réflexion avait attiré mon intention : « Ils ne nous respectent plus, ils nous résistent maintenant ; décréter l’égalité des races est une mauvaise chose pour nous »

Le complexe d’infériorité, conséquence des affres de l’esclavage puis de la colonisation, en passant par des clichés dénigrants qui continuent somme toute à circuler dans les médias et autres supports qui alimentent cette idéologie, a conduit à une perte de son identité par le noir, qui ne se voit qu’à travers le paradigme de l’autre, tout en sachant qu’il n’y est pas accepté pour autant. Du sadomasochisme identitaire. Des automatismes et mécanismes se sont installés dans les deux sens. D’ailleurs sans que le blanc ne l’exige, à sa vue, le noir tout naturellement se sent obligé de se faire petit-nègre, en face, son alter ego blanc attend de lui cette attitude et se sent davantage investi d’une supériorité toute aussi naturelle. Un petit exemple illustrant cette attitude est palpable dans le tutoiement facile et quasi systématique du blanc à la vue du noir, pendant que ce dernier se cramponne au vouvoiement; on pourrait ainsi multiplier des exemples. Ce n’est un secret pour personne que les mauvaises habitudes ont la peau dure.

Les temps changent !

Une autre intervention lue dans un forum disait à propos des rapports entre noir et blanc que ce n’est pas le taux de mélanine entre nous qui fait la différence, mais la mentalité, confirmant en quelque sorte une conviction qui habite de nombreuses personnes. Constant auquel, j’ajouterai l’éducation aussi. Oui ! L’éducation que nous recevons nous forge, façonne notre mentalité et nous conditionne dans nos rapports avec l’autre. Les considérations que les uns ont des autres ne sont donc que ce que l’on nous inculque dans les chaumières. C’est elle qui nous apprend le mépris ou de la considération pour les autres, fait de nous des albophobes ou des négrophobes etc.

Le professeur Théophile OBENGA parlant de ces rapports affirme ceci « Je respecte l’Occident, je fais des affaires avec elle mais contrairement à d’autres je ne le fais pas comme un soumis, un nègre esclave incompétent qui a peur de l’Occident, qui est complexé et qui a un sentiment d’infériorité. C’est fini tout cela, s’il faut traiter avec elle, nous devons le faire d’égal à égal. » Cette phrase traduit la mentalité, l’état d’esprit qui aujourd’hui habite le noir, dans son travail de changer la nature de son rapport avec l’autre. Un travail de démythification, de démystification corollaire d’une accumulation d’injustices à répétition, de mépris constant, de rejet systémique qui ont fondé l’essentiel de leur rapport. A l’aune des déclarations des uns et des autres, il n’est pas, sans être dans la rancune, injustifié de dire que de tout temps, l’attitude du Nostalgique vis-à-vis du noir est celle de la négation, de déni d’humanité. Cette négation entraînant chez le noir le rejet de sa propre personne, de sa propre identité, de son référentiel de base, de son histoire.

En Europe et aux Etats-Unis et dans une certaine mesure en Afrique une certaine jeunesse noire ose maintenant plus qu’hier, avec fierté, s’inspirer, étudier les travaux de grands faits par des noirs. Non dans le but de faire du racisme à l’envers, mais pour s’approprier son identité. Les africains étant au regard de l’histoire, des individus culturellement métis. Ce métissage qui est signe de richesse est paradoxalement aussi source de la perte de son identité. Donc l’approche afrocentriste des connaissances ne saurait être le refus, ni le rejet des autres, mais plutôt une meilleure connaissance de soi, par son histoire et ses propres historiens pour un meilleur rapport avec les autres. La démarche est tout le contraire en face chez le Nostalgique. Il est impératif pense l’idéologue blanc, pour le noir d’assimiler, d’intérioriser non pas dans le bu sensibiliser à l’attitude négrophobe, de déshumanisation, d’ensauvagement des gens comme Victor Hugo, Voltaire, Deslozières, Montesquieu, Hegel, Vacher Lapouge, Louis Agassiz, David Hume, Georges Cuvier, Georges Buffon, Ernest Renan etc. (1) mais, de créer un rapport d’adoration, d’idolâtrie vis à vis de cette idéologie avilissante en présentant ces individus comme des humanistes universalistes à qui le noir doit sa liberté et reconnaissance comme nous enseigne un certain courant de pensées dit des lumières.

Encore aujourd’hui, les youloulous et les yalalas et autres scènes de joie qui accompagnent par exemple un Jacques Chirac, un Sarkozy Nicolas, un Rocard Michel ou un Kouchner, Brice Hortefeux lors de leurs déplacements en Afrique, montrent le degré de conditionnement et d’aliénation dans lequel l’africain reste plongé de son plein gré ou de force. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cela parmi lesquels :


1- le premier, un système scolaire [de la maternelle à la classe de Terminale] qui fait l’apologie de la culture que nous qualifieront de « blanche », les auteurs africains relayés au rôle de bouche trous. Un système scolaire autodestructeur pour ne pas le qualifier de génocidaire.

2- La seconde, une éducation reçue des parents influencée par le mythe du blanc. Combien de fois, lorsque plus jeunes, nous éprouvions le sentiment de supériorité lorsque nos actes étaient valorisés par « Il a fait cela comme un blanc », « il est un blanc », « le blanc est un dieu »….Le qualificatif de « blanc » affublait nos actes et désignait notre accès à la civilité, à l’héroïsme, à l’intelligence.

3- La religion et son iconographie. Un Satan noir et un dieu ou jésus blanc pour rappeler au noir à qui il doit son salut ornait des murs d’églises.

4- La troisième est la répression sanglante qui force les individus à orner les rues dans l’attente du prestigieux invité venant d’Europe ou d’ailleurs. Un dévoiement total de l’hospitalité à l’africaine. Là ou l’indignation devrait s’exprimer, c’est la danse, les scènes de joie et les applaudissements qui s’expriment.

5- Les dépendances économiques de nos pays. Chaque grand projet qui n’est financé finalement que par un tel pays de « blancs » ou un autre


Naissance de la rébellion intellectuelle

Une forme de rébellion contre soi même d’abord et contre l’idéologie de l’autre ensuite, du fait du poids des rapports de leur longue histoire commune est en marche. Une espèce d’impertinence du Noir, un changement de repère et de regard qui ne sied guère aux idéologues Nostalgiques voyant leurs privilèges fondre comme neige au soleil. Le référentiel mensonger et aliénant du Nostalgique devient objet de risée, de rejet et de mépris chez le Noir, parce que tissus d’approximations, de contre vérités, de délires négrophobes comme l’illustre « négrologie » d’un journaliste français. Le noir semble, par cette attitude d’acquisition de connaissances de son histoire, de rejet des mensonges idéologiques placer son alter-ego blanc face à un miroir dont l’image lui est insupportable à voir.

La docilité légendaire, l’obéissance aveugle, la pseudo passivité intellectuelle du noir font place à une prise de conscience de ses propres capacités, de sa capacité à dire NON quand il le faut, à valoriser objectivement ses racines pour y trouver les ingrédients de son identité, à refuser l’aliénation dans laquelle on l’a contraint, à récuser le jugement fantaisiste et fallacieux des Nostalgiques qui, aujourd’hui encore, parlent à sa place même lorsqu’il est présent. A la peur de ce nègre que Aimé Césaire qualifiait de "comique et laid" s’est substitué le nègre armé de science jusqu’aux dents comme le recommandait Cheikh Anta Diop. Le génocide intellectuel basé sur l’enseignement de la négation de sa personne est entrain de périr, mêmes si quelques singeries continuent de subsister chez certains.

Le racisme anti-blanc au secours des Nostalgiques !

Cette perspective ne sied pas aux Nostalgiques. Car sa digue cède, la butée qui retenait le ressort a lâché et avec une violence inouïe le nostalgique le prend en plein dans son égo. Comme un fouet, ce refus du noir de ne plus se regarder et regarder son histoire avec les instruments de l’autre, ce refus d’être considéré comme un objet ou un enfant dans la perspective la plus valorisante, flagelle l’idéologue négrophobe conscient et inconscient, qui perçoit cette tangente nouvelle empruntée par le noir comme une atteinte à sa personne, un vrai racisme à son endroit. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle, le mouvement de négritude dont on sait qu’il n’a jamais rien prôné d’autre que l’acceptation de soi est, par les Nostalgiques, perçu comme un racisme anti-blanc. De la perte de contrôle et d’emprise d’une part, on assiste à la prise de conscience, à l’appréciation de ce que l’on est par soi et non plus comme l’autre le voudrait d’autre part. Puisque toute l’idéologie négrocide/phobe est fondée sur le renvoi d’une image négative du noir, produisant chez ce dernier un manque d’estime voire un déni de sa personne.

Ce jeu des prismes conflictuels comme je le nomme, par lesquels, la valorisation de tout ce qu’il fait, nécessite l’approbation et la validation du blanc (pour certains gênés par cette attitude et pour le Nostalgique, comblé à plus d’égards) pour que le noir soit convaincu du bien fondé de son action, de se savoir individu à part entière et le Nostalgique idéologue pour se confirmer dans son statut de guide, maître, attend du noir cette allégeance, cette soumission, cette adoration même. Tout ceci, à en juger les gesticulations des Nostalgiques, s’achemine vers son terme bien sûr avec leur malédiction. Acte de félonie devant l’éternel ! Le noir a compris qu’il fallait casser ce miroir, ce faisant briser les chaînes invisibles et visibles qui le maintiennent sous la domination afin de se projeter dans l’avenir et surtout améliorer son rapport avec lui-même et ensuite avec l’autre.

Les atavismes ont la peau dure. Il faut donc inventer quelque chose pour contrer toute tentative de reconstruction de sa personne, de son identité par le noir, quitte à se poser en victime imaginaire. La nouvelle trouvaille de nos Nostalgiques, rappelle à certains degrés des phénomènes tels que ce qui s’est passé dans le monde du football. Lorsque le joueur noir de son vrai nom Edson Arantes Do Nascimento dit Pélé a, par son talent, coiffé toute la planète football, il fallait quelques années plus tard créer un Pélé Blanc dans l’optique de montrer que le génie ne saurait provenir d’un individu dit noir. Cameroun berceau de meilleurs bassistes au monde, a également été la source d’inspiration d’un certain Jaco Pastorius (qui est très souvent venu au Cameroun s’inspirer) que l’on présente comme le dieu de cet instrument. Cela on ne le dira nulle part, car on brise le mythe, la légende. Des exemples sont nombreux. Bref il faut par quelques techniques, faire passer le noir pour un mimétique au plus.

Tout comme Cheikh ANTA DIOP éminent savant dont le travail sur l’historiographie Nègre et dans tous les domaines est sans commune mesure, continue d’être combattu par des égyptologues de pacotille et autres historiens Nostalgiques de petit acabit, dans la seule perspective de montrer la passivité, le non apport du noir dans l’histoire de l’humanité. Dès lors qu’il s’agit de redonner au noir sa place et son apport dans la longue histoire de l’humanité et dans d’autres domaines qui ne nécessitent pas que la force des "muscles" et encore, les Nostalgiques usent et abusent des stratagèmes pour tourner en dérision, incriminer voire annihiler cette démarche. Aidé bien sûr dans cet exercice par quelques individus pour qui la posture assignée au nègre ne dérange pas. Si le monde scientifique mondial a bousculé Cheikh Anta Diop, son noble fossoyeur n’était-il pas le président du Sénégal de l’époque ? On observe encore à ce jour ces comportements chez le noir.

Aujourd’hui, pour continuer à bénéficier de ces largesses, les Nostalgiques font feu de tout bois. Dans cette logique, le communautarisme des noirs et leur racisme anti-blanc sont les arguments pour faire pérenniser une idéologie agonisante, en panne d’arguments et en manque d’inspiration et mensongère. Le Nostalgique n’intègre pas la perspective d’avoir un dialogue, un rapport d’égal à égal avec le noir, il en est incurablement malade et réfractaire. On le voit particulièrement encore, depuis l’accession par exemple d’un afro à la tête des Etats-Unis, les actes de négrophobie prennent de l’ampleur. Tout est prétexte à l’accusation de racisme anti-blanc pour nos Nostalgiques, dès lors qu’un noir se refuse dorénavant à toute soumission à un système qui souhaite le voir à jamais dans une posture abrutissante et avilissante et du coup l’infériorisant comme c’est le cas jusqu’à maintenant.

"Le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre à la fois dans son identité et dans son altérité" et tant que cette maxime ne sera jamais appliquée, alors les Nostalgiques devront se faire du mauvais sang car le processus en marche s’inscrit dans ceux qui ne s’arrêtent que lorsqu’ils arrivent à leur terme. Alors que vive cette albophobie qui se veut rassembleuse et respectueuse des valeurs humaines quelque soit la couleur de notre peau.

1- La liste ne saurait être exhaustive, mais le lecteur fera ses recherches et la complètera.
2- * : Les racistes et racialistes qui continuent à sombrer dans leur hérésie de supériorité.

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Déc 21, 08 12:30 am     Re:Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        10
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Mérikama


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OGOTEMMELI a écrit:
Un très bel article glané sur la Toile, qui pointe les véritables enjeux de l'afrocentricité

Article intéressant en effet. L'auteur montre bien les amalgames, le cafouillage dans lesquels les "nostalgiques" (c'est-à-dire les Africanistes) veulent conduire les Nègres profanes sur ce qui ayant trait à leur Identité. Beaucoup de Nègres tombent encore trop facilement dans ces pièges.

Jean Jacques DIKONGUE a écrit:
Si le monde scientifique mondial a bousculé Cheikh Anta Diop, son noble fossoyeur n’était-il pas le président du Sénégal de l’époque ? On observe encore à ce jour ces comportements chez le noir.

L'auteur a tout à fait raison en faisant cette remarque. Celui qui a réellement fait plus de mal à Cheikh Anta Diop, c'est Sédar Senghor. C'est vraiment dommage ...

Cheikh Anta Diop aurait pu réellement révolutionner la conscience africaine dès les années 1960, s'il n'avait pas été autant combattu par son propre président, sur ordre bien sûr des Africanistes racistes. Que d'années perdues …

Citation:
"Le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre à la fois dans son identité et dans son altérité"

Cette maxime est d'une puissance indéniable. C'est le fondement même de l'humanisme, pour une véritable civilisation humaine. La Barbarie serait plutôt de nier à chaque être humain son identité propre au non d'un universalisme qui n'a d'universalisme que de nom.

L'Afrocentricité commande aux Nègres de se prendre eux-mêmes en charge pour la Renaissance Africaine. Cette prise en charge nécessite de revisiter notre histoire selon notre propre historiographie (manière d'écrire l'histoire) émanant de travaux d'historiens d'abord Nègres (il n'y a rien de raciste la-dedans, comme veulent le faire croire les "nostalgiques"). Cette histoire scientifique sera la notre et non celle écrite par les autres, sur nous.

C'est cette histoire revisitée, résolument scientifique qui nous fait dire, nous Afrocentriques qu'il n'y a pas des identités nègres, mais une seule et même identité nègre : Nations Nègres et Culture. Il y a eu certes plusieurs Nations Nègres, mais toutes ces nations avaient un socle commun : une seule et même Culture. De sorte que les problèmes culturels de l'Afrique d'aujourd'hui ne pourront se résoudre efficacement sans la prise en compte de leur dimension historique. D'où le sous titre de l'ouvrage fondamental de Cheikh Anta Diop ici cité : De l'antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui.

Ce qui fait une Nation, c'est avant tout sa culture, c'est-à-dire son identité. Sans identité, c'est en vain que l'on parlera de Nation. Cheikh Anta Diop, nous propose à la lumière des ses travaux immenses, une Renaissance de la culture africaine à partir de son substrat classique : les Antiquités Nègres Égyptiennes. Cela englobe tout l'univers des sciences humaines et de la médecine : des sciences politiques (quel système politique pour l'Afrique ? Et bien nos ancêtres en avait déjà trouvé la solution la plus adapté à notre identité) à la linguistique en passant par la littérature, l'Art et bien évidemment la Religion.

Nous étions bien évidemment un peuple avec une religion. Quelle était-elle ? Quels étaient ses fondements cosmologiques et théologiques ? Cheikh Anta Diop, nous donne la solution : les les Antiquités Nègres Égyptiennes.

L'Afrocentricité, nous invite donc à nous reconstruire, à reconstruire notre moi, c'est-à-dire notre identité de Nègre, détruit par la cruauté des Blancs en puissant à la source : les Antiquités Nègres Égyptiennes.

Ces Antiquités, qui sont à la fois source et repère, sont le lègue le plus précieux qu'un Ancêtre puisse accorder à son peuple. Cheikh Anta Diop, l'Ancêtre doit absolument être étudié dans toutes les écoles et universités en Afrique Noire.

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Déc 21, 08 8:50 am     Re:Une critique de l’Afrocentrisme et de l’Afrocentricité.        11
Son Excellence
Ogotemmeli


Inscrit le: 11 Fév 2005
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Merikama a écrit:
Ces Antiquités, qui sont à la fois source et repère, sont le lègue le plus précieux qu'un Ancêtre puisse accorder à son peuple. Cheikh Anta Diop, l'Ancêtre doit absolument être étudié dans toutes les écoles et universités en Afrique Noire.
Parent, ya na qui dorment, tandis que l'histoire africaine avance. Je suis tombé des nues lorsque j'ai lu le préambule de la "Charte de la Renaissance Culturelle Africaine" adoptée à Khartoum le 24 janvier 2006 ; comme si c'est Cheikh Anta Diop qui avait rédigé ce document :
 
Citation:
[...]
RAPPELANT
Qu'en dépit de la domination culturelle qui, au cours de la traite des esclaves et de la colonisation, a entrainé la négation de la personnalité culturelle d'une partie des peuples africains, falsifié leur histoire, systématiquement dénigré et combattu les valeurs africaines, et tenté de remplacer leurs langues par celle du colonisateur, les peuples africains ont pu trouver dans la culture africaine les forces nécessaires à la résistance et à la libération du continent ;
 
CONVAINCUS
que l'unité de l'Afrique trouve son fondement d'abord et surtout dans son histoire ;
que l'affirmation de l'identité culturelle traduit une préoccupation commune à tous les peuples d'Afrique ;
que la diversité culturelle et l'unité africaine constituent un facteur d'équilibre, une force pour le développement économique de l'Afrique, la résolution des conflits, la réduction des inégalités et de l'injustice au service de l'intégration nationale ;
 
qu'il est urgent d'édifier des systèmes éducatifs qui intègrent les valeurs africaines et les valeurs universelles, afin d'assurer à la fois l'enracinement de la jeunesse dans la culture africaine et de l'ouvrir aux apports fécondants des autres civilisations et de mobiliser les forces sociales dans la perspective d'un développement endogène durable ouvert au monde ;
 
qu'il est urgent d'assurer résolument la promotion des langues africaines, vecteurs et véhicules du patrimoine culturel matériel et immatériel dans ce qu'il a de plus authentique et d'essentiellement populaire, mais aussi en tant que facteur de développement ;
 
qu'il est impérieux de procéder à l'inventaire systématique du patrimoine culturel matériel et immatériel, notamment dans les domaines de l"histoire et des traditions, des savoirs et savoir-faire, des arts et de l'artisanat en vue de le préserver et de le promouvoir ;
 
[...]
Ce document devrait être carrément la feuille de route de tout ministère africain de la culture et de l'Education Nationale, puisqu'il préconise aussi la promotion des "systèmes endogènes de connaissance", la "nécessité d'une reconstruction de la mémoire et de la conscience historique de l'Afrique et de la diaspora africaine"; en considérant que "l'Histoire générale de l'Afrique publiée par l'UNESCO constitue une base valable pour l'enseignement de l'histoire en Afrique"...
 
En outre, cette sixième session ordinaire de l'Union Africaine a également adopté le swahili comme langue officielle de l'UA...

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Dernière édition par Ogotemmeli le Déc 21, 08 8:57 am;
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