 |
 |
 |
 |
 | Les histoiriens noirs |  |
Fév 07, 10 11:16 pm
|
Les histoiriens noirs |
 |
|
|
Veteran |
| Ivoirophile |
 
|
| Inscrit le: 20 Avr 2007 |
| Messages: 593 |
WebZone: 
|
Patrie:  |
|
|
|
Aussi longtemps que la culture ou les cultures africaines ignoreront l'Egypte, qui est la première manifestation culturelle sur ce continent, il nous sera impossible de bâtir un corps de science humaine. Il ne s'agit pas de s'inventer un passé plus ou moins glorieux comme on le croit souvent. Ceci serait futile et sans intérêt aucun. Si toute l'Afrique veut entrer de nouveau dans son moi culturel, elle ne pourra pas éviter de renouer avec l'Egypte dans tous les domaines qu'ils s'agissent de la recherche linguistique, de l'histoire des sciences, de la religion, de la recherche architecturale, de la musique, de la danse, de la médecine de tous les domaines de l'activité humaine, les premières réalisations nous renvoient à la vallée du Nil et c'est seulement en renouant avec la culture de cette vallée que nous pourrons bâtir un corps de science humaine. C'est cela l'enjeu, il faut le comprendre. » Cheikh Anta Diop
1. L'ALIÉNATION CULTURELLE : SOUS-BASSEMENT DE
L'EXPLOITATION ÉCONOMIQUE DES PEUPLES NOIRS
L'étude de l'histoire est nécessaire pour mieux appréhender le présent et anticiper sur le futur comme l'expose brillamment Dika Akwa nya Bonambela : « L'essor économique de la Renaissance européenne poussa à la conquête de l'Afrique qui se fit rapidement (...).
Au début de cette période, l'Amérique fut ouverte à l'Europe et l'excès de population de la veille Europe se déversa sur le « Nouveau Monde ». La mise en valeurs des terres nécessita une main-d'oeuvre à bon marché. L'Afrique, incapable de se défendre efficacement contre les armes modernes, apparut comme le « réservoir humain tout indiqué ». La traite (négrière) devint alors une nécessité économique avant l'apparition de la machine. La traite n'a officiellement disparu qu'au XIXe siècle, date à laquelle l'Europe en voie d'industrialisation lui substitua le système colonial et organisa le morcellement des autres continents. Il s'ensuit qu'« on inventa la notion du Nègre barbare..., pure invention européenne » s'ecrie Léo Frobenuis.
Les nouveaux rapports techniques ont entraîné de nouveaux rapports sociaux. Fidèle à sa pensée monistique qui conçoit le monde en termes de dichotomie, l'Europe suscita les rapports de Maître à Esclave entre Blanc et Noir. La situation de l'antiquité avait changé. L'heure de la suprématie européenne et de l'aliénation de l'Africain avait sonné. (...)
Il a fallu trouver un alibi à la traite des esclaves, légitimer la colonisation, et justifier l'exploitation des biens des colonisés. L'on engendra une littérature descriptive des prétendus caractères inférieurs du Nègre. (...).
La colonisation sera présentée comme un « devoir d'humanité ». On invoquera la « mission civilisatrice de l'Occident ». Le capitalisme ayant trouvé une base idéologique de justification sera à l'aise pour exercer son exploitation économique...
La seule chose qu'on reconnaîtra au Negre, se sera ses dons artistiques liés à sa sensibilité « d'animal inférieur » (Les problèmes de l'Anthropologie et de l'Histoire africaines, Éditions CLÉ, Yaoundé, 1982, pp. 50-51). »
--------------------------------------------------------------------------------
Remonter
--------------------------------------------------------------------------------
2. LA NAISSANCE ET L'IMPACT DÉVASTATRICE
DES INTELLECTUELS NOIRS EUROCENTRISTES
Les oeuvres coloniaux ont forgé une nouvelle catégorie des hommes et femmes d'esprit qui ne croient pas souvent à la transformation socio-économique des sociétés noires sur des bases endogènes. : « L'entreprise de l'historien européocentriste n'est pas aussi neutre qu'on pourrait le croire. Après avoir nié l'existence de l'Histoire chez les Noirs, celui-ci succombe définitivement à la maladie infantile du nationalisme culturel. Non seulement la légitime volonté de ressourcement des élites noires ne lui parait digne que de moquerie, mais encore il faut s'adonner au travail de reconditionnement néo- colonialisme afin de limiter la destruction des échafaudages de falsification (Les problèmes de l'Anthropologie et de l'Histoire africaines, Éditions CLÉ, Yaoundé, 1982, p. 32). »
Nous entendons par intellectuels eurocentristes, ceux qui ont fait de la pensée européenne l'ossature de leurs actions. On peut facilement reconnaître les intellectuels noirs eurocentristes. Les modèles européens sont souvent cités dans leurs études où ils mettent souvent en avant les concepts suivants : Développement, Christianisme. Démocratie avec son corollaire du dualisme pouvoir/opposition, Capitalisme/Socialisme, pouvoir autoritaire (régime présidentiel) ou législatif, le Féminisme, Latinité (Créolite, Francité, Ivoirité, etc). L'ouvrage d'Axel Kabou - Si l'Afrique refusait le développement constitue un des plus beaux exemples de cette catégorie d'intellectuels eurocentristes : « Il reste qu'une catégorie d'intellectuels africains continue à assumer des thèses dépassées, victimes qu'ils sont du mythe de la malédiction du Noir et de l'aliénation du colonisé. Ils situent toujours l'histoire de l'Afrique au niveau des tribus, c'est-à-dire des sociétés archaïques, ou au niveau des États actuels alors que Cheikh Anta Diop a montré sa dimension continentale ; ils s'obstinent à l'isoler pendant qu'elle s'intègre tout naturellement dans l'histoire universelle (Les problèmes de l'Anthropologie et de l'Histoire africaines, Éditions CLÉ, Yaoundé, 1982, p. 10). »
Les intellectuels noirs eurocentristes sont très majoritaires par rapport aux intellectuels endogènes de l'Egypte pharaonique. ces derniers sont moins d'une centaine à travers le monde.
Ils sont très soutenus par les organisations internationales, les médias officiels et internationaux pour des raisons d'exploitation perpétuelle des Noirs : « Face aux chercheurs européocentristes se dressent les Africains eux-mêmes. Dans cette catégorie il y a également lieu de distinguer deux orientations. La première concerne les chercheurs africains omnibulés par les cultures occidentaloïdes qu'ils ont reçues sur les bancs de l'université. Ils estiment dépasser la recherche d'un passé souvent mal défini. Puis, ils entendent suffisamment parler de leur retard historique pour accepter, consciemment ou inconsciemment, mais plutôt inconsciemment que consciemment de confier aux chercheurs des sociétés économiquement fortes la charge d'écrire l'histoire de l'Afrique, sinon d'orienter sa rédaction. (...)
Au désintérêt de ces intellectuels africains s'ajoutent un certain complexe d'infériorité du néo-colonisé dont la conséquence directe est la peur de remettre en cause les échafaudages construits par les spécialistes coloniaux. (...)
Le refus d'exercer le moindre jugement propre oblige ces intellectuels africains à traiter les faits dans une optique déformante, ou tout au plus à la manière des étrangers limités par l'ignorance de la langue dans un cadre où celui-ci tient lieu de musée vivant et condamnés à la non-insertion dans le complexe de réalisations sociales du milieu étudié. Il serait illusoire de croire que l'Afrique n'aura plus à souffrir longtemps des errances de ses propres enfants, paresseux, qui attendent le brevet de chercheurs scientifiques des pseudo-spécialistes d'un monde qui leur étranger à tous les égards et aussi longtemps qu'ils résisteront opiniâtrement à leur propre pénétration par la pensée dialectique africaine qui sous-entend tout.
En vérité, les orientations de la recherche des africanistes coloniaux ou européocentristes et celles des chercheurs africains aliénés et complexés sont proches l'une de l'autre. Elles privilégient les mêmes sources ; elles minimisent les facteurs endogènes au profit des facteurs exogènes. (...)
Ainsi se trouve posée la fameuse équation occidentalité = Universalité.(Les problèmes de l'Anthropologie et de l'Histoire africaines, Éditions CLÉ, Yaoundé, 1982, pp. 55-56) »
Les intellectuels africains eurocentristes sont aujourd'hui à l'oeuvre à travers le processus de « démocratisation ». Aminata Barry précise : « Ce sont eux les pourvoyeurs des démocraties occidentales en Afrique. Plus occidentalisés qu'Africains, les acteurs de la démocratie n'ont pas plus de mérite que leurs adversaires. D'ailleurs ce ne sont pas de véritables opposants, mais d'intellos vaniteux. Ils sont en général fonctionnaires d'organismes internationaux formés à l'école capitaliste. L'Occident trouve en eux une véritable complicité quand à la reproduction de leurs systèmes en Afrique (L'Afrique sans le capitalisme - L'Afrique ne refuse pas le développement. Mais comment l'Afrique peut-elle se développer ?, Éditions T.S. Zed/Harris, 1996, Angers, p. 129). » |
|
|
|
|
|
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Fév 08, 10 6:52 am
|
Re: Les histoiriens noirs |
 |
|
|
Son Excellence |
| Kwame |
 
|
| Inscrit le: 23 Aoû 2005 |
| Messages: 2686 |
WebZone: 
|
Patrie:  |
|
|
|
| Citation: | | Aussi longtemps que la culture ou les cultures africaines ignoreront l'Egypte, qui est la première manifestation culturelle sur ce continent, il nous sera impossible de bâtir un corps de science humaine. Il ne s'agit pas de s'inventer un passé plus ou moins glorieux comme on le croit souvent... |
Parfaitement ! Cheikh Anta Diop et son disciple Théophile Obenga l'ont toujours dit ! |
|
-La confrontation idéologique est une bonne chose quand le but recherché est l'édification de son adversaire. Elle est, par contre, malsaine quand le but ultime est la destruction de l'autre ! |
|
|
|
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Fév 08, 10 2:26 pm
|
Re: Les histoiriens noirs |
 |
|
|
Senior |
| King Jacobson00 |
 
|
| Inscrit le: 26 Mai 2009 |
| Messages: 403 |
WebZone: 
|
Patrie:  |
|
|
|
|
en tout cas Cheikh anta diop quand tu lis ses oeuvres c'est fascinant |
|
|
|
|
|
|
 |
 |
 |
 |
|
Surfer le site en Ecoutant
|
|
Discussion a la Radio
Cliquez ici pour nous rejoindre sur Talk AbidjantalkRadio
|
|
|
|
Hoodedshirt
|
|
CapSleeveTShirt
|
|
BoxerShorts
|
|
JrHoodie
|
|
|